Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Titre : Une erreur qui changera tout
Couple de cette fiction : Harry James Potter / Draco Lucius Malfoy
Rated : M
Type : Cette fiction est un slash (relation entre hommes d'ordre sexuel)
Situation : Cette fiction débute au 6ème tome.
Disclaimer : Il est évident que les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.K Rowling, je les lui emprunte juste pour m'amuser un peu.
Béta correctrice : Vivi64
PS : Oubliez l'épisode Cho Chang. Sirius Black est bel et bien mort, cette fiction commence à la sixième année d'Harry Potter et Severus Rogue sera nommé ici Severus Snape.
Bonne lecture,
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 5 : Partie 2
POV Draco
Je me sentais comme une bombe à retardement… une minute avant, je me sentais prêt à exploser de colère et là, j'avais envie de pleurer. Et je ne voulais pas pleurer. Pas devant lui, pas ici. En plus, j'avais failli recevoir un sort qui aurait pu sceller mon destin à jamais. Quel abruti de l'avoir poussé à m'envoyer un sort.
Et puis, cet idiot ne comprenait rien. En même temps, comment lui en vouloir… moi-même je ne savais pas qu'un homme pouvait enfanter avant que je sois… dans cet état.
- Je suis enceint de toi, dis-je en me laissant tomber au sol.
- Enceint… de moi…
- Oui.
Il se mit à rire comme un dément. Ce petit con riait alors que moi, je vivais l'enfer depuis près de quinze jours. Depuis que j'avais découvert que cette chose était en moi. Et lui, il se marrait.
J'étais en colère, je le haïssais de toute mon âme en cet instant mais ce fut des larmes et des sanglots qui sortirent de moi. Je pleurais comme un gamin, sans rien pouvoir faire. Je me sentais secoué de tremblements que je ne pouvais cesser et j'avais honte.
Je ne devais pas montrer mes faiblesses devant quiconque et encore moins devant lui. Il avait déjà assez d'informations entre ses mains pour me détruire.
- Mal… Malfoy
Je reniflai, me dégoûtant moi-même et relevai la tête.
- Tu pleures ?
- Aide-moi, dis-je.
- Ok… comment ? Demanda-t-il.
- Autorise l'infirmière à m'enlever cette chose de là, répondis-je en me relevant et en retrouvant, en quelques secondes, mon état normal.
- Enlever… cette chose ?
- Je ne veux pas qu'il reste là, je ne veux pas, criai-je sur la fin, devenant hystérique.
Ces changements d'humeur étaient vraiment chiants !
- Tu veux avorter ?
- Oui, évidemment !
- Mais… mais…
Je le tirai à moi par le col et lui dis en vrillant mon regard au sien :
- Je ne veux pas de cette chose… je ne veux pas vivre avec cet enfant qui n'est qu'une erreur… et plus encore si c'est le tien !
Il secoua la tête et je vis qu'il était des plus déstabilisé par mon rapprochement. Je le lâchai et le repoussai sauvagement.
- Et reste loin de moi, bordel !
- C'est toi qui…
- C'est moi qui rien du tout, dis-je de mauvaise foi.
- Tu sais quoi ?
- Non, quoi ? Demandai-je soudain, à l'écoute de chaque mot sortant de sa bouche.
- Tu as raison… tu ne peux pas garder ce… ce …
- Ce parasite, dis-je.
- Oui… mais non ! Merlin Malfoy, c'est de la vie dont tu parles ! S'exclama-t-il tout à coup.
- Une vie qui n'est pas autorisée à vivre dans mon corps sans mon avis, une vie qui me rend malade, qui me détruit à petit feu, répliquai-je.
- Très bien, avorte… je ne veux de toute manière pas un enfant issu de toi, un sale Mangemort.
Il allait partir et je le retins une fois de plus.
- Sois demain à 20 heures à l'infirmerie… viens seul !
- Compte sur moi.
Le ton condescendant qu'il utilisa me rendit en colère et je ne pus que lui dire, en criant pour qu'il entende :
- Tu ne te plaignais pas l'autre soir quand tu m'avais dans ton cul et dans ta bouche… tu as aimé te faire baiser par un Mangemort !
Je crus être tranquille, mais le voir débouler en colère, le poing levé, me fit perdre toute couleur. Je reçus son poing dans mes côtes et il partit tout aussi vite avant de me lancer :
- Oui, mais moi, je n'ai rien demandé, c'est toi qui as commencé toute cette histoire…
OoOoOoOoOoO
Je sortis de l'infirmerie où j'avais eu le plaisir de clouer le bec de cette mégère en lui disant que le second père viendrait demain donner son accord pour me libérer de ce monstre en moi.
J'eus un sourire jusqu'à ma chambre tellement son visage défait avait été mémorable.
POV Harry (Le lendemain - dimanche 21 septembre 1996)
Ce fut Ron qui me réveilla en me secouant. J'avais envie de l'envoyer balader, sauf que nous devions jouer ensemble au Quidditch, mais cela ne m'empêcha pas de grommeler dans ma barbe que cela n'était pas une heure à réveiller les gens un dimanche puis je m'extirpai du lit bien chaud.
Quand je me fus enfin lavé et habillé, une bonne heure plus tard, je descendis pour tomber sur un drôle de tableau. Hermione consolant Ginny, Ron tournant en rond m'insultant dans sa barbe et un Dean, à l'autre bout de la salle commune, me faisant un sourire digne des Serpentard.
Quand Neville sortit du dortoir et que tous les regards furent sur nous, Ron me lança un regard assassin et sans rien dire de plus, je lui fis un signe pour qu'il vienne en discuter dehors. Il hocha la tête et nous partîmes pour une future dispute. Etrangement, le trajet vers la salle sur demande, car c'était bien là que mon ami m'amenait, fut silencieux.
Une fois devant la tapisserie, il y passa trois fois et entra. Je le suivis et à peine nous fûmes à l'intérieur que je reçus un coup dans le ventre.
- Merlin, pourquoi t'as fais ça ? Cria-t-il.
- J'ai fait quoi ? Demandai-je grimaçant de douleur.
- Pourquoi es-tu sorti avec elle, pour la larguer ensuite ?
- Je ne l'ai pas larguée… je lui ai juste fait une petite réflexion qui ne lui a pas plu, expliquai-je en prenant place dans un fauteuil.
- Et quelle est-elle ?
- Heu… et bien, disons que… enfin tu vois…
Je devais être rouge écrevisse et quand mon ami ouvrit la bouche et la referma aussi vite, imitant le poisson rouge, je ne pus que sourire.
- Tu as de la chance d'être mon frère Harry…
Cette phrase remplit mon cœur de bonheur car malgré tout, nous l'étions… frères de cœur.
- Mais si elle pleure encore pour toi, je te ferai regretter.
Je me massais les tempes, me sentant tout à coup fatigué et je me souvins que ma nuit n'avait pas été reposante. Et avec cette entrevue avec mon ami, notre partie de Quidditch passa dans les choses de second plan.
- Heu Ron… je ne me sens pas bien… tu m'en veux si…
- On remet ça à demain ? Demanda-t-il en se levant et en marchant vers la porte.
- Oui !
- Ok ! Moi, je vais m'entraîner un peu… à toute !
Sans plus de cérémonie, mon ami me laissa seul et tout à coup, l'endroit où j'étais me paraissait celui qu'il me fallait. Je fis apparaître un lit et, traînant des pieds, je m'y glissai, en proie à des tas de pensées fatigantes quant à la chose à faire concernant le problème « Malfoy ».
OoOoOoOoOoO
J'avais dormi une petite heure et le reste de la journée j'avais réfléchi. Petit à petit j'en étais venu à deux conclusions. De un, Malfoy avait raison, nous ne devions pas garder cet enfant, car il n'a pas été conçu par amour. De deux, j'en venais à haïr encore plus ce blond, fils de Mangemort, car il faisait de moi un assassin. Mais je ne pouvais décemment le forcer à garder notre enfant, mon enfant.
Cette dernière pensée me fit fermer les yeux et une fois de plus les larmes commencèrent à couler, mais plus de dégoût, enfin si, mais de moi, car j'allais le faire, j'allais donner mon accord pour tuer mon propre enfant.
Mais comment faire autrement ? Je ne pouvais pas le faire fils d'un Mangemort en temps de guerre, surtout avec le fils du bras droit de Voldemort, sans oublier qu'il serait le fils de la cible numéro un du mage noir le plus redouté de cette époque.
Même si avoir une famille à moi avait toujours été un rêve, je n'avais jamais pensé à avoir mes propres enfants, sachant que j'allais mourir en tuant l'autre face de serpent. Car je ne pensais pas avoir la chance de survivre au combat. Je n'étais pas sûr de vieillir assez pour me marier et faire des bébés. Je ne pouvais pas m'imaginer bercer un petit être, lui donnant le biberon, le veillant la nuit.
Des sanglots prirent possession de moi et chaque minute je tentais de me convaincre que c'était le meilleur choix pour l'enfant. Qu'il ne serait pas bon pour lui d'être l'enfant du Survivant et du dernier Malfoy.
Et puis une voix venant de mon côté sombre murmurait que si Malfoy gardait ce petit bout de vie, notre erreur serait rendue publique et ça, je ne pouvais le supporter.
OoOoOoOoO
J'étais devant la porte de l'infirmerie et je ne pouvais prendre cette décision, celle d'ouvrir et de tuer. Mais je ne pouvais pas rester ici. Je devais assumer mon erreur, celle de m'être laissé faire et je devais réparer.
Soufflant un coup, j'ouvris la porte et tombai sur une infirmerie silencieuse et cela me fit frissonner.
POV Draco
J'avais piétiné toute la journée, tournant en rond dans ma chambre. Rien qu'à l'idée que j'allais en finir avec ça me rendait énergique et sur les nerfs. Et j'étais là, dans ce lit miteux, attendant avec impatience celui qui allait me délivrer, mon sauveur.
Quelle ironie ! Mais je le voyais comme ça. J'avais vécu un vrai calvaire, d'avoir en moi cette maladie, ce parasite qui souillait mon corps et ma personnalité. Et j'en étais content. Et si Potter ne venait pas, je le tuerais juste avant de me tuer. Car je ne voulais plus vivre un jour de plus avec cette chose en moi. Je ne dormais plus, je passais toutes mes journées le ventre vide et cela devenait de plus en plus difficile.
- Monsieur Malfoy, le second père va-t-il venir oui ou non ?
- Je vous ai dit qu'il allait arriver, dis-je sèchement.
- Dites-moi qui c'est et je vais le chercher, dit-elle avec un sourire trop « bienveillant ».
J'allais répliquer quand la porte s'ouvrit. Potter fut enfin en vue et je soufflai de soulagement. Seulement cette gourde d'infirmière ne comprit pas et commença à lui reprocher son énième venue ici en allant vers lui pour lui demander ce qu'il avait fait pour venir à cette heure. Seulement, au lieu de répondre, il marcha vers moi et ordonna à Pomfresh de nous laisser seuls quelques instants.
- Mais… mais…
- Pour une fois, faites ce que l'on vous ordonne, crachai-je de très mauvaise humeur.
Elle partit dans son bureau non sans lancer un sort sur la porte de la pièce. Certainement pour en verrouiller l'accès de l'extérieur.
- J'accepte… mais à une condition.
- Tout ce que tu voudras, dis-je soulagé.
- Retire ta chemise, dit-il en montant sur le lit où j'étais.
- Hein ? Quoi ? Mais t'es malade ! Je ne coucherai plus avec toi sale immonde…
- Je veux lui dire au revoir ! Me coupa-t-il.
Je crois que je n'aurais jamais imaginé cette demande, car toujours en gardant mon regard sur lui, qui était à présent presque au-dessus de moi, je défis les boutons de ma chemise sans rien ajouter, encore sous le choc.
Si, pour être libéré, je devais laisser ce sang-mêlé me toucher une fois de plus, sans l'aspect sexuel, je pouvais le faire.
Quand ma chemise fut déboutonnée entièrement, il en écarta les pans avec agressivité et posa sans rien dire de plus sa tête sur mon ventre. Comment n'était-il pas dégoûté par cette rondeur ?
- C'est si chaud, murmura-t-il.
Je ne savais pas quoi répondre, car juste après, je pus sentir quelque chose d'humide mouiller mon abdomen.
- Je ne te pardonnerai jamais Malfoy… jamais, continua-t-il de murmurer.
Je ne voyais que ses cheveux et je ne savais pas quoi répondre, une nouvelle fois. Croyait-il que j'allais pouvoir lui pardonner tout ce qu'il m'avait fait endurer ?
- Jamais…
Il releva la tête et déposa sa bouche sur ma peau. Je clignai des paupières car le voir là, si près de mon sexe, je ne pus que revoir encore et encore cette scène. Celle où sa bouche suçait mon membre durci plus que jamais.
- Pardonne-moi… pardonne-moi…
Chaque mot était appuyé de ses lèvres sur ma peau et avant que je puisse prendre le courage de le repousser, car il y avait des limites, il partit du lit et sans frapper déboula dans le bureau de l'infirmière.
Je reposai la tête sur l'oreiller, pas souple et confortable pour une noise, et pus entendre ce que je n'aurais jamais cru entendre. L'infirmière engueulait Potter comme jamais. Elle tentait en fait de le convaincre de garder l'enfant, mais je fus heureux quand, avec un bruit de verre cassé, Potter sortit furieux, me lançant un regard de pure haine avant de sortir définitivement de l'infirmerie. La pression sur mes épaules disparut et voir l'infirmière furieuse, venir vers moi, fut plus que risible.
Un Malfoy avait toujours ce qu'il voulait, même avec un peu de retard.
- Vous allez m'obliger à faire la pire chose de toute ma carrière jeune homme !
- Potter aussi a pris la même décision que moi, lui reprochai-je.
- Potter peut bien dire tout ce qu'il veut, vous seul décidez du sort de cet enfant.
- Et je veux que vous me l'enleviez sur le champ ! Grondai-je en me redressant sur un coude.
- Très bien…
Elle commença alors à lancer tout un tas de sorts. Elle partit ensuite chercher deux onguents, l'un était très froid sur ma peau tandis que l'autre donnait une nouvelle fois cette couleur bleue à mon ventre. Puis un bruit se fit entendre. Je regardai les fenêtres, car cela devait être un hibou qui frappait à la vitre, mais le bruit était bien trop rythmé.
- Restez ici, je vais chercher la potion finale.
- Hum, dis-je en la regardant partir.
Et ce bruit qui faisait disparaître tout le reste.
D'où pouvait-il provenir ? Puis cela me frappa de plein fouet. Ce bruit… ce bruit était celui de ce truc en moi.
Je portai alors le regard sur mon ventre, qui était d'une couleur bleu pâle… d'ailleurs, c'était bizarre de me voir de cette couleur. Mais regarder l'endroit et entendre était différent. Je le voyais d'un autre œil et bien malgré moi, ma main vint se poser au-dessus. La chaleur, le bruit et tout le reste me fit mal, mal ailleurs.
Ma seconde main se porta à mon cœur et je pus sentir qu'il pleurait, comme je le faisais en cet instant.
J'entendais mon enfant, et ça, je ne m'y étais pas préparé. Et comme au ralenti, je revis Potter l'embrasser, s'excuser. Son geste prit tout son sens et je me sentis tout chose.
- Sage décision mon enfant, entendis-je.
Je relevai les yeux et je pus voir que l'infirmière était devant mon lit, un doux sourire aux lèvres.
- C'est son cœur ?
- Oui… dans les grossesses sorcières, la magie étant le cœur de l'être, c'est la première chose à évoluer. Buvez ceci, cela va vous reposer… vous devez en avoir besoin après toutes ces émotions.
Je hochai la tête, buvant sans réfléchir. Je ne m'endormis pas immédiatement, sentant petit à petit un état de repos me gagner. La dernière pensée qui traversa mon esprit fut que j'espérais ne pas prendre la pire décision de ma vie et surtout que je ne le regretterais pas quand il serait trop tard.
OoOoOoOoOoO
Je me réveillai doucement, avec ce merveilleux son qui avait hanté mon sommeil. Je me relevai et regardai autour de moi. Je fus légèrement ému en voyant que cette veille femme était assise sur une chaise près de moi, endormie.
Je devais la remercier, car grâce à elle, et j'étais sûr que c'était un sale coup de sa part, j'avais ouvert les yeux. Peut-être pas à raison, mais je ne pouvais plus tuer cette chose.
Et je devais aussi éviter de l'appeler comme ça. Maintenant que j'entendais ce son, cela était plus qu'évident que ce n'était pas une chose mais un être vivant.
- Vous êtes réveillé, entendis-je.
- Oui, dis-je simplement en reboutonnant ma chemise.
- Souhaitez-vous rester ici le reste de la nuit ou préférez-vous retourner dans votre chambre ?
- Je préfère retourner dans ma chambre, répondis-je en sortant du lit.
- Attendez-moi ici quelques secondes alors.
Elle partit d'un pas rapide vers son bureau et en revint avec une mini caisse.
- Voici assez de potion nutritive pour la semaine. Et les fioles rouges sont celles pour la bonne évolution du bébé. Vous devez en boire une chaque jour.
-…
- Je ne peux rien garantir car c'est une grossesse masculine… mais je vais continuer mes recherches et vous devriez venir me voir dans trois jours pour un examen plus poussé.
- D'accord, soufflai-je prenant la caisse.
Sans rien dire d'autre, je sortis de là.
Je n'avais pas écouté la moitié de ce qu'elle avait dit, trop obnubilé par … Merde, pourquoi je ne l'entendais plus ?
Je fis volte-face et quand elle me vit, elle rigola en me tendant deux fioles.
- Revelat corpus vitae.
-…
- Appliquez cet onguent sur votre abdomen et lancez le sort. Vous pourrez entendre son cœur un moment. Mais évitez de le faire la journée… optez pour la nuit dans votre chambre.
- Merci, dis-je partant presque d'un pas énergique dans ma chambre.
Je voulais à tout prix réentendre ce son mélodieux et si reposant.
Seulement, arrivé au bout du couloir, je refis une fois de plus le chemin inverse. Quand elle me vit fouler le sol de son infirmerie une fois de plus, elle me sourit et me dit :
- Tu n'as pas à me remercier Draco…
- Mais… comment saviez-vous que je venais pour ça ? Demandai-je, passant sur l'emploi de mon prénom.
- C'est mon métier, dit-elle.
- Oh… et dites-moi, pourquoi mon ventre prenait une couleur bleue ?
- C'est un onguent pour connaître le sexe du bébé.
Bébé… oui, c'était mon bébé. Cela me fit vraiment bizarre de penser ça, mais la petite chaleur qui prit place près de mon cœur était réconfortante.
- J'attends un garçon alors ? Risquai-je à demander.
- Oui…
- Un garçon, murmurai-je.
- Allez vous coucher Monsieur Malfoy et revenez me voir si vous avez d'autres questions.
- Merci… et au fait, j'aimerais que mon état reste entre nous…
- Je suis tenue au secret médical, n'ayez crainte. Mais vous devriez au moins en informer le directeur.
- Je m'en doute, mais pas tout de suite…
- Comme vous le voudrez.
Je quittai définitivement cette pièce avec une seule pensée : j'avais un bébé !
POV Harry
Je savais que j'étais fou, mais je n'avais pas pu retourner dans mon dortoir. J'avais marché jusqu'ici et avais dit le mot de passe que j'avais entendu clairement cette nuit-là. Et le tableau m'avait laissé rentrer.
Maintenant, j'étais là, assis trop calmement dans le fauteuil que j'avais déplacé pour être en face de la porte, et plus le temps passait, plus je sentais ma magie devenir incontrôlable. Je savais que j'allais salir mon âme, mais une fois de plus ou de moins, à cet instant précis, y avait-il une différence ?
Force m'était d'admettre qu'il ne revenait pas. Et je lui en voulais encore plus. Je voulais en finir, je voulais venger la mort de mon enfant, celui auquel je venais moi-même, quelques heures plutôt, de condamner la vie.
Je serrais les mâchoires, car j'étais autant coupable que la personne qui allait bientôt perdre la vie elle-même. J'allais aussi mourir pour mon crime, seulement, pour le bien de la communauté sorcière, j'allais attendre la fin du mage noir pour mettre fin à mes jours.
Dès que j'étais sorti de l'infirmerie, mon cœur m'avait fait horriblement mal et je m'étais retenu de ne pas courir pleurer, supplier Malfoy de garder mon enfant. Celui que je n'aurais plus jamais, celui qui, avec le temps, serait un vague souvenir. Un regret, une mauvaise décision… une conséquence plus que sombre de la plus grosse erreur de ma courte vie.
Le bruit de la porte se fit entendre et, sans me retenir, une larme coula, silencieuse et solitaire, sur ma joue en vue de mon futur geste, car malgré tout je n'étais pas un assassin et mon âme et ma raison en souffraient déjà. Mais la folie et la haine guidaient mes gestes, et quand je le vis pénétrer dans sa chambre, le sourire aux lèvres, je me levai et pointai ma baguette sur lui en disant :
- Ravale ton putain de sourire !
- Potter, qu'est-ce que tu fous là ? Demanda-t-il.
- Ravale ton sourire connard, criai-je.
Comment pouvait-il sourire après avoir tué son propre enfant. Mais quand il sourit encore plus, s'apprêtant à me dire quelque chose, je lançai mon sort, celui que je ne pensais devoir lancer qu'une fois.
- Avada Ked…
- Je ne l'ai pas fait, cria-t-il.
Je stoppai mon sort et baissai ma baguette. Sans plus attendre, je tombai à genoux.
- Idiot, dit-il en déposant la petite caisse au sol.
- Je suis un monstre, dis-je.
Il marcha vers moi et quand il fut devant moi, il s'accroupit pour ancrer son regard au mien :
- Je ne l'ai pas fait. Je n'ai pas pu.
Deux phrases qui m'apportaient un soulagement sans nom. Il se releva et avant qu'il n'ait pu faire un autre geste, je l'enlaçai, plaçant ma tête sur le ventre en murmurant sans cesse un « Pardon ».
J'avais failli tuer mon enfant une seconde fois et pour de bon.
POV Draco
Je ne savais pas quoi faire…. là, avec un Potter me serrant contre lui, mouillant ma chemise.
Mais dans un sens, je pouvais comprendre son soulagement. Et bien que j'avais failli mourir il y a moins d'une minute, je ne pouvais qu'être à nouveau heureux. Et j'avais hâte de réentendre le cœur de mon enfant.
- Lâche moi, j'ai un truc super à te montrer, dis-je en le repoussant.
Je filai prendre un des deux onguents et je me jetai ensuite sur mon grand lit, enthousiaste à ce qui allait se passer. Je déboutonnai une fois de plus ma chemise et appliquai la crème. Elle était froide et tout mon corps eut la chair de poule.
- Que fais-tu ?
Je quittai mon ventre des yeux et regardai Potter qui était devant le lit, le regard lui aussi rivé sur mon ventre.
- Ecoute !
Je pris ma baguette et lançai le sort. Et le son atteignit mes oreilles. Je n'attendis pas plus longtemps et m'allongeai, oubliant Potter, oubliant tout le reste.
- Magnifique…
- N'est-ce pas, dis-je en fermant les yeux.
POV Harry
Il me fallut deux secondes pour me décider. Vu l'heure très tardive, ou trop matinale, je montai sur le lit, souhaitant ne pas être foutu dehors et touchai le ventre du bout des doigts.
N'ayant aucune réaction de Malfoy, je m'approchai encore plus et fus stupéfait au fait qu'il se soit endormi, si vite. La respiration calme et le visage paisible ne mentaient pas.
Et là, sachant que le réveil serait un problème majeur, je posai ma tête sur le ventre chaud et fermai à mon tour les yeux pour m'endormir au son du cœur de mon enfant…
OoOoOoOoO
Je me sentis être poussé violemment et avant que je n'émerge de mon sommeil, j'entendis Malfoy rendre le contenu de son estomac. Je me levai, me rendant compte que j'étais encore dans sa chambre et dans son lit. Je me dirigeai vers la salle de bains, et le voir là, accroupi devant les toilettes, la tête penchée pour vomir, je ne pus que repenser que moi aussi, j'avais été dans la même position.
- Je commence à regretter mon geste, entendis-je.
Je le vis ensuite de nouveau vider son estomac et conscient qu'il était dans cet état dû à notre enfant, je vins me placer derrière lui et lui tirai délicatement ses cheveux hors de son visage.
- Ca va passer… ça va passer…
- J'ai mal…
- Chut, dis-je en posant ma tête sur son dos… regrette pas, regrette pas, ajoutai-je soudain en proie à une peur sans nom.
Et s'il changeait d'avis ?
- Tout ça c'est de ta faute, dit-il après un temps interminable en se relevant.
-…
Que dire ?
- Sors de ma chambre Potter…
- Non !
- Si, sors ! Je ne te veux pas ici, dit-il en ouvrant une petite armoire d'où il sortit une brosse à dents et du dentifrice.
- C'est mon enfant aussi, j'ai le droit d'être là !
- Je ne dis pas le contraire mais là, c'est la nuit…
- Mais… mais…
- Tu pourras venir dans ma chambre, le soir, une petite heure pour l'entendre et puis, tu dégages !
- Bien, dis-je en colère qu'il m'éloigne comme ça.
- A demain alors, souffla-t-il en fermant la porte de la salle de bain, coupant ainsi la conversation.
Je secouai la tête et m'ordonnai au calme car cela serait dangereux de lui lancer un sort, voire même de le frapper, vis-à-vis de la santé du bébé.
Mais foi de Potter, il m'aura sur les basques une heure par jour au minimum… car je ne comptais pas écouter ses ordres !
OoOoOoOoO
Quand je fus sous mes draps, tout un tas de questions nouvelles m'assaillirent et j'eus soudain peur.
Ferais-je un bon père ? Malfoy allait-il se servir de l'enfant pour m'atteindre ? La grossesse allait-elle bien se passer ? Comment la cacher au reste du monde sorcier ? Et pire que tout, devrais-je tenter de devenir ami avec Malfoy, pour le bien de notre futur enfant ?
Tant de questions auxquelles je n'avais pas encore de réponse.
POV Draco
Je me glissai sous mes couvertures et je fixai mon plafond en caressant mon ventre rebondi.
Je n'arrivais pas à croire que j'avais fait ça. J'avais choisi de garder … mon bébé… sans rien y connaitre.
Comment cela allait-il se passer ? Mes nausées allaient-elles persister jusqu'à la fin ? Je ne pourrai pas le supporter plus longtemps.
Et puis, même si cette idée me révulsait, ce bébé était aussi celui de Potter et cela était important. Je devais à tout prix garder cette grossesse secrète, de peur de me voir me faire tuer sur le champ pour affaiblir le survivant.
Et là, dans mon lit, je pensais aussi que c'était la première nuit où j'avais pu dormir sans être hanté par ces images si dégoûtantes de ma nuit avec Potter. Était ce dû à sa présence ? Était-ce parce que j'avais pris une potion à l'infirmerie ?
Je soufflai de lassitude et me plaçai sur le côté, rabattant le drap sur moi. J'étais fatigué et je voulais tenter de me rendormir pour le peu d'heures qu'il me restait avant le début des cours.
Voilà, chapitre 5 : Partie 2 de publié ^^
L'histoire va prendre un nouveau tournant. Il durera un petit moment, pour ensuite en venir à la plus grosse partie de la fiction. Et enfin, après cette énième période, on arrivera à la période finale qui marquera la fin de la fiction.
Pour ceux qui suivent, en gros ma fiction comporte six parties :
1- Leur nuit + Leur fuite et la connaissance de la grossesse
2- L'acceptation de la grossesse + leur nouveau quotidien
3- Un nouveau virage dans leur « entente »
4- « Sans nom, A Poudlard »
5- « Sans nom, Hors Poudlard sans être un Post-Poudlard »
6- Partie finale
Vous voilà plus informés sur cette fiction. Je tenais à vous le dire pour ne pas que l'on me sorte en plein milieu que vous en avez marre de lire une fiction où l'auteur ne sait pas où il va CAR je sais absolument où je vais, je sais même quoi écrire et comment l'écrire ! (^-^)
Sinon, je m'excuse aussi pour le langage assez monstrueux que Malfoy emploie pour désigner le bébé mais il le fallait.
Si tout va bien je vous donne rendez-vous en octobre !
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy