Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Titre : Une erreur qui changera tout
Couple de cette fiction : Harry James Potter / Draco Lucius Malfoy
Rated : M
Type : Cette fiction est un slash (relation entre hommes d'ordre sexuel)
Situation : Cette fiction débute au 6ème tome.
Disclaimer : Il est évident que les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.K Rowling, je les lui emprunte juste pour m'amuser un peu.
Béta correctrice : Vivi64
PS : Oubliez l'épisode Cho Chang. Sirius Black est bel et bien mort, cette fiction commence à la sixième année d'Harry Potter et Severus Rogue sera nommé ici Severus Snape.
Bonne lecture,
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 5 : Partie 1
POV Draco (Retour dans le passé - dimanche 07 septembre 1996)
« Je repoussai son bras et me levai en vitesse mais cette infirmière était plus intelligente que je ne le croyais car elle m'immobilisa sur le lit par des liens magiques et me fit boire la potion.
A peine le goût d'une potion de sommeil sans rêve se fit sentir sur ma langue que je sentis mes paupières se fermer toutes seules. »
Je me réveillai dans ce lit inconfortable et là je sus que je n'avais pas fait de cauchemar. Tout était vrai. J'avais ce truc en moi… ce truc qui me souillait de l'intérieur. Je me redressai rapidement, mais ma tête tourna.
- Monsieur Malfoy, buvez ceci.
Je pris à contre-cœur la potion tendue par cette infirmière incompétente et la vidai d'un trait. La mixture était infecte.
- C'est une potion pour les femmes enceintes… elle vous apporte tout ce qu'il faut pour l'évolution du bébé, dit-elle en prenant place à côté de moi.
- Cela n'est pas nécessaire, dis-je en voulant sortir du lit.
Voyant certainement qu'elle avait perdu d'avance, elle me dit juste :
- Tuer ce bébé vous-même vous mènera à Azkaban… je vous conseille donc d'en parler à votre petit-ami et de régler ça au plus vite… il ne vous reste plus qu'un mois pour le faire partir.
Elle était froide, cassante et je pouvais deviner qu'elle ne voulait pas que je fasse ce que je comptais faire. Je ne pouvais décemment pas garder ce virus, cet intrus, car c'était ce qu'il était. Je n'avais rien demandé et ceci était juste la conséquence de la plus grosse bêtise de ma vie : me soûler avec l'autre balafré.
Puis une question germa en moi.
- Pourquoi un mois ? Demandai-je en me levant.
- Parce que chez nous les sorciers, c'est le délai pour enlever la vie à cet être qui grandit en vous.
- Ne parlez-pas comme si cette chose était vivante, m'emportai-je.
- Mais…
- Assez ! Criai-je. Je ne veux plus vous entendre, c'est clair ?
Je la pointai du doigt, mais avant qu'elle ne réplique quoique ce soit mon parrain pénétra l'infirmerie. Je vis cette vieille bique tourner les talons et partir dans son bureau.
- Tu devrais aller manger quelque chose, dit mon parrain.
- Mmmmm, oui, je vais y aller. Pourquoi es-tu venu au fait ?
- Je dois savoir quelle potion Madame Pomfresh veut que je prépare en vue de la saison de Quidditch.
Je lui souris, sachant que les Serpentard enverront pas mal de monde ici pendant les matchs et je sortis ensuite rapidement de cette pièce bien trop blanche pour mon propre bien.
OoOoOoOoO
(Le lendemain - lundi 08 septembre 1996)
Comment j'en étais arrivé là bon sang ?! A vomir comme un moins que rien dès le réveil. J'avais eu à peine un pied hors du lit que j'avais ressenti cette nausée… cette sensation si douloureuse. Sans parler des nombreuses fois où j'avais dû m'extraire du lit pour la même chose pendant la nuit.
Après quelques minutes, penché sur la cuvette des toilettes, je pus enfin me relever et me rincer la bouche avant de me brosser les dents. J'en venais à avoir les gencives hyper sensibles avec tous les lavages que j'effectuais ces derniers jours.
Puis mon regard croisa le miroir, et là, devant ce dernier, j'essayais tant bien que mal d'éviter de me regarder. J'avais des cernes immenses malgré la potion de sommeil que j'avais bue la veille à l'infirmerie, mon teint était plus blafard que d'habitude et je ne parlais même pas de ce « petit » ventre, dont maintenant j'en connaissais la cause. J'avais envie d'hurler pour le voir disparaître.
Mais pour ça, je devais prendre mon courage, que je n'avais pas, à deux mains pour demander à l'autre Balafré de service de me donner ce putain d'accord m'autorisant à faire partir ce parasite de mon corps.
Et je me disais aussi, tout en prenant mes affaires pour les cours de la journée et en quittant ma chambre, que Potter était vraiment un grand con. M'avoir foutu enceint du premier coup… sans ajouter à cela que j'étais un homme… nom d'un Scroutt à Pétard ! En plus, sur des milliers d'années, nous n'étions qu'une dizaine à être dans ma situation. Je n'en avais même jamais entendu parler. Pour moi, avant d'apprendre l'impossible, je croyais dur comme fer que seules les femmes pouvaient attendre un enfant.
- Draco, comment vas-tu aujourd'hui ?
A peine sorti de ma chambre, j'étais déjà harcelé. Je daignai regarder ce cher Blaise et le snobai superbement. C'était de sa faute si j'avais atterri à l'infirmerie, c'était aussi de sa faute si je savais que cette horreur était en moi. Et si j'allais plus loin, il était responsable du fait que j'avais bu cette nuit-là et que j'avais fait la plus grosse erreur de ma vie. Si mon ami avait eu la même famille que moi, un père bras droit du Lord, il aurait pu me comprendre, il aurait pu aussi me retenir de boire autant.
Mais il n'avait rien de tout ça et j'avais commis le seul acte de ma vie que je voulais changer.
- Regarde… Potter et sa clique sont seuls devant nous, viens on va rattraper le temps perdu… on va les humilier.
Je ne pus que me laisser entraîner vers le trio tout en sentant mon cœur battre de plus en plus vite. Je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas être trop de près de lui. J'avais envie de lui hurler dessus, de le frapper, de lui éclater sa tête de déterré sur les dalles froides, j'avais envie de voir ses yeux se fermer à cause de la douleur.
En même temps, depuis la veille, j'avais envie que l'on me crie « Réveille-toi Draco, c'est juste un cauchemar » mais personne ne me secouait pour me sortir de là. Alors je pouvais toujours espérer pouvoir faire tout ça à ce cher Potter !
Plus nous nous rapprochions des trois Gryffondor, plus mes mains devenaient moites et je faillis souffler de soulagement quand, entre le trio et nous, nous vîmes le professeur d'Etude des moldus sortir de sa classe. Blaise, ne voulant certainement pas risquer de perdre 500 points, fit demi-tour et nous prîmes le chemin de la Grande Salle, comme ceux qui nous suivaient de près, trop près.
Je pouvais entendre Ron féliciter Harry pour avoir enfin rendu heureuse sa sœur, je pouvais entendre l'autre Sang-de-bourbe le réprimander d'avoir fait ça à son ami Dean.
Dans mon cerveau, une petite voix cria son bonheur, car si Potter avait enfin passé le cap avec l'autre belette femelle, c'était un peu grâce à moi. Puis, quand cette voix prit de l'ampleur, je me stoppai et posai la main sur ma bouche. Les élèves autour de moi me regardèrent et ce fut honteux que je dus courir jusque derrière une armure, n'ayant pas le temps d'aller jusqu'aux toilettes les plus proches pour vomir de nouveau.
Je ne pouvais pas concevoir que mon esprit était heureux que l'autre impur ait enfin passé le cap grâce à ce que j'avais fait avec lui. C'était trop pour moi et le dégoût que j'éprouvais vis-à-vis de ma propre personne devint plus profond. Je pouvais me rappeler avec un sordide souvenir de la sensation que j'avais ressentie à l'avoir en bouche.
Et j'étais là, dans ce couloir minable, entouré de gens minables, à vomir encore et encore. J'en avais mal à la gorge, mal au ventre, sans parler de ma fatigue qui s'amplifiait. Quand j'aurai éliminé la cause de mon état de santé pitoyable, je tuerai ce sale petit enfoiré de Potter de mes propres mains pour m'avoir fait endurer tout ça !
- Merde Draco, ça ne va vraiment pas toi, dit Blaise en venant poser sa main sur mon épaule.
Je secouai la tête pour le lui confirmer et après avoir nettoyé mon visage avec un sort, je me redressai et vis avec joie que Vincent et Grégory avait fait le ménage dans le couloir et que personne à part mes compagnons n'avait vu la totalité de ma déchéance.
OoOoOoOoOoOoO
Je venais de finir mon dernier cours et j'étais éreinté. Je me sentais fébrile, mes jambes tenaient à peine debout. Je savais à quoi c'était dû, mais je ne pouvais manger en sachant que c'était pour nourrir cette chose en moi. Et puis, je devenais fou. Dans la journée, j'étais passé d'une émotion à une autre tellement vite que cela me déstabilisait beaucoup. Plusieurs fois, mes amis m'avaient demandé ce qui m'arrivait, car tout se lisait sur mon visage. Chose impensable pour un Malfoy digne de ce nom. Et je l'étais, digne de ma famille… j'avais subi trop de choses vis-à-vis de mes parents pour ne pas être digne de porter le nom des Malfoy !
Là, je marchais vers la salle commune où je devrais rester quelques heures, en fait, plus précisément, jusqu'au repas, pour marquer ma place de « Prince » de ma maison.
Une fois arrivé, je marchai pour m'installer dans un coin tranquille, avec Blaise, Théo et Millicent et nous fîmes le devoir d'Enchantement et celui de Potion.
Juste avant le repas, quand j'eus écris le dernier mot d'une lettre pour ma mère, je quittai la salle et marchai vers la volière. Seulement, plus j'avançais et plus je me revoyais, buvant, marchant vers ce même endroit, celui où tout avait commencé.
Si je ne m'étais pas assis avec lui, rien de tout cela ne serait arrivé et je n'aurais pas connu la meilleure baise de toute ma vie !
Dès l'instant où cette pensée s'infiltra dans mon esprit, je compris que j'avais perdu la raison. Au lieu de penser au fait que ce cauchemar n'aurait pas lieu d'être, je repensais à cette baise démentielle. Je devais vraiment en finir avec ce parasite car il arrivait déjà à me « manger » ma raison !
OoOoOoOoOoOoO
(Neuf jours plus tard - mercredi 17 septembre 1996)
Une fois de plus, je vis le corps de Potter me passer devant sans avoir le courage de le tirer avec moi dans cette salle de cours désaffectée. Depuis quelques jours, je peinais à lui demander, ou plutôt ordonner, de me donner son accord afin de me guérir car j'avais cette maladie, maladie de lui.
Je devenais dingue, un coup j'étais bien, un coup je déprimais sans rien pouvoir faire, sans oublier que j'avais une faim de loup et que je refusais toujours de manger, ne voulant pas empirer la grosseur de cette chose.
Je n'étais plus non plus allé voir Pomfresh pour cette potion nutritive. Je me sentais faible tout le temps, les élèves de ma maison me regardaient bizarrement, attendant le moment où ils verraient ma faiblesse. Je me battais avec moi-même pour ne quitter la salle que tard le soir, parlant et riant avec « mes amis » devant un feu.
Je prenais un retard fou en cours, car, bien entendu, avec ma faim qui semblait ne jamais me laisser une seconde, je n'arrivais plus à suivre les professeurs et leurs instructions. Sans oublier d'ajouter à tout ceci les regards insistants de Dumbledore et ses yeux brillants de malice.
Pensait-il que c'était cette entrevue le premier jour qui me rendait comme ça ? Je n'en savais rien et je m'en fichais. J'étais conscient que plus les jours passaient, plus le délai s'amenuisait. Et Potter n'était toujours pas au courant.
Et ce bougre d'idiot qui filait le parfait amour avec cette rousse traître à son sang ! J'aurais au moins espéré qu'il choisisse une Sang pur… digne de mes leçons, ou plutôt de ma leçon. Encore une fois, je me rendis compte que je lui donnais trop d'importance et je ne pus réprimer une grimace.
- Draco ?
Je regardai sur ma gauche et vis avec peur mon parrain. Il me dévisageait drôlement et avant que je n'aie pu dire quoique ce soit, il m'ordonna à sa manière, un geste de la tête, de le suivre. Ce que je fis.
Nous prîmes les escaliers qui, étrangement, ne changèrent pas de place et en quelques minutes nous fûmes devant ses appartements. J'en connaissais l'emplacement comme tous les Serpentard, car en cas de problème nous pouvions ainsi le déranger. Car Severus était un bon directeur pour les Serpentard… nous aidant du mieux qu'il pouvait face aux trois autres maisons. Car même si la nôtre était la meilleure, nous n'avions pas la vie facile. Nous étions mal vus, comme si tous les Serpentard étaient le mal absolu. Seule McGonagal était impartiale, les autres nous ayant tous dans le collimateur.
Seul Severus nous aidait avec son favoritisme. Et nous lui en étions reconnaissants. De plus, même si cela ne s'ébruitait pas, cela n'était pas rare qu'un jeune élève se fasse tabasser par d'autres, juste parce qu'il était de Serpentard.
Mais tout ça, les autres n'en savaient rien et dans un sens, cela était mieux. Comment rester digne sous les regards quand vous aviez subi des agressions ? Quand le fait de porter le vert et argent vous mettait dans le chaudron du mal et de la magie noire ? Rien ! Vous n'y pouviez rien et mon parrain nous aidait du mieux qu'il le pouvait, à sa manière.
Combien de fois, dans mes trois premières années, il n'avait pas dû me soigner, car je m'étais fait prendre à part par des septièmes années ? Merlin soit loué, les potions miracles de mon cher parrain et ses sorts de glamours appris par lui n'en montraient rien au reste de l'école et tant mieux, car si par malheur ma famille, et plus précisément mon père, apprenait que j'étais faible, que j'avais été battu plus d'une trentaine de fois depuis mon arrivée ici à mes onze ans, il m'enverrait à Dumstrang aussi vite que file un vif d'or.
Mais ma mère, plus perspicace qu'elle n'en avait l'air, avait compris mon manège au fait de supplier autant pour aller dans cette école, sur un autre continent. Un Malfoy ne supplie pas, un Malfoy reste digne en toute circonstance et elle avait réussi à convaincre mon père de ne pas m'offrir ce que je désirais, sans savoir que justement je ne voulais pas y aller dans cette école. Tout ça pour dire que mon parrain était un homme juste, droit. Et que même si cela n'était pas digne de ma famille, je l'aimais comme un père.
- Assieds-toi Draco.
Je revins au présent et m'avançai vers le petit fauteuil où je prenais habituellement place.
- Je m'inquiète pour toi… que se passe-t-il ?
Je le regardai alors dans les yeux et j'eus une folle envie d'aller dans ses bras, ces bras qui m'avaient si souvent consolé.
- Rien… juste la fatigue, dis-je d'une voix qui moi-même ne m'aurait pas convaincu.
- Ne m'oblige pas à utiliser la légilimencie sur toi… je t'apprécie trop pour agir de la sorte.
Il se leva ensuite et partit dans sa petite cuisine. Il revint avec un verre de jus de citrouille et un thé pour lui. Je pris avec plaisir le verre et le bus assez rapidement, ayant tout à coup très soif.
- J'ai remarqué que tu étais distrait en cours de potions et les autres professeurs l'ont remarqué aussi pour les leurs. Tu es plus pâle qu'un vampire vieux de plusieurs millénaires et j'ai l'intime conviction qu'il se passe quelque chose d'important.
- Il se passe que j'ai une mission à remplir et que je ne sais pas comment faire.
Autant ne pas lui dire ce qui me tracassait, il pourrait mourir d'un arrêt cardiaque.
- Je peux t'aider Draco… fais-moi confiance.
- Le maître m'a dit de le faire seul Severus, dis-je me levant en colère.
Encore ses émotions soudaines. Je fus honteux de me laisser emporter ainsi devant ce qui pour moi était un vrai père. Je me laissai retomber dans mon fauteuil et devant son air ahuri et choqué du ton que je venais d'employer, je ressentis de la peine. Trop ! Les larmes me montèrent aux yeux et avant que je ne puisse tourner mon visage, il fut devant moi.
- Parle-moi… dis-moi ce qui te bouleverse… je t'en prie…
Jamais il ne m'avait paru aussi inquiet pour moi et j'eus soudain l'envie de lui dire, l'envie de me confier. Peut-être m'aiderait-il à convaincre l'infirmière de faire partir cette chose qui m'emprisonnait dans beaucoup trop de sensations nouvelles. Qui s'infiltrait dans mon esprit et me mangeait petit à petit.
- Je… je … j'ai…
Je n'arrivais plus à parler et quand j'ouvris de nouveau la bouche, la tête du directeur apparut dans la cheminée et il appela de toute urgence mon parrain qui, je le voyais bien, ne savait pas quoi faire. Je me levai alors, le serrai légèrement dans mes bras et lui dis :
- Je repasserai…
Rien de plus et je quittai son appartement. Quand la porte fut fermée, je pris le chemin de ma chambre, le cœur lourd.
J'aimais Severus plus que mes propres parents et le voir inquiet pour moi m'avait tout retourné. Même me voyant arrivé blessé, le visage tuméfié, il n'avait jamais paru aussi inquiet de ma santé. Quand je fus devant mon tableau, je dis le mot de passe, que je n'avais même pas changé depuis la rentrée et déverrouillai ensuite la porte à l'aide de ma baguette puis me glissai dans ma chambre. Je retirai immédiatement ma robe et détachai ma cravate, que je laissai traîner sur le chemin, un elfe la rangerait demain matin, pendant le petit-déjeuner, comme chaque jour. Je pris ensuite le chemin de la salle de bains et terminai de me déshabiller pour me glisser sous la douche.
L'eau chaude me fit beaucoup de bien et sans me hâter, je me savonnai. Seulement, quand j'eus fini, je ne voulus pas que cette sensation quitte ma peau, alors je sortis de la cabine de douche, mouillant le sol et grimpai dans la baignoire. J'ouvris les robinets d'eau chaude et bien vite les vapeurs emplirent la pièce.
J'ouvris aussi la petite armoire près de moi et choisis mon bain moussant, adorant comme un fou un bon bain rempli de mousse. Ce fut « air marin » qui gagna et bientôt l'eau et la mousse changèrent de couleurs pour arborer un beau bleu, alors que des minis sirènes d'eau plongeaient et riaient. Et le must, le bruit des vagues.
Quand j'étais jeune, je me demandais souvent comment faisaient les moldus pour vivre sans ça… mais un doloris de mon père et une semaine dans les cachots du manoir m'avait fait oublier une bonne fois pour toute de poser toutes ces questions sur la vie quotidienne des moldus à mes parents.
OoOoOoOoOoO
La tête en arrière, je regardai le plafond qui était serti de minis émeraudes. Une demande de mon père pour que ma chambre soit apte à recevoir le dernier Malfoy. Logiquement, seuls les préfets en chef avaient leur chambre personnelle, mais depuis ma quatrième année, j'avais droit à ce privilège.
Et j'en abusais aussi souvent que je le pouvais, me régalant des yeux cernés de Théo face aux ronflements de Vincent et Grégory, sans oublier les gémissements que poussait sans arrêt Blaise en rêvant de ses conquêtes du moment. Toutes ces choses qui faisaient que dormir était un combat si on ne désirait pas dormir avec un sort de silence. Chose dangereuse en cas d'attaque.
Non, je ne pouvais ne pas être heureux ici, dans mon bain, en silence, seulement bercé par le bruit des vagues, les sirènes ayant disparu quelques minutes après mon entrée dans la baignoire à ma demande.
Pour une fois, je portai aussi la main à mon ventre un peu rebondi, qui pour moi ressemblait à un ventre plus gros que celui d'un hippogriffe.
Cette partie était toujours chaude, et là, dans mon eau bleue, je laissai ma main parcourir cette protubérance. Je n'arrivais toujours pas à croire qu'en moi, là, ce trouvait un enfant… car même si je le considérais comme un virus, un parasite, il n'en était pas moins un enfant. Mon enfant. Et celui de Potter, me souffla une petite voix.
Et voilà où était le problème. Car c'était une impureté à m'enlever avant que je ne sois plus digne de mon sang. Et je devais réussir à en parler à ce Gryffondor avant que je ne puisse plus rien y faire.
Quand mon eau fut redevenue de couleur normale, me signifiant par la même occasion que cela devait faire très longtemps que j'étais dedans, ne pouvant me fier à la température de cette dernière étant donné qu'elle n'en changeait pas pour mon confort, je sortis du bain revigoré et seule la peau de mes pieds et des mains, flétrie, m'indiquait que j'avais vraiment traîné trop longtemps dans cette eau qui m'avait offert un moment de pure détente.
Etant aussi frappé soudainement par le froid des cachots, j'enfilai une longue serviette et me rendis devant le lavabo pour terminer ma toilette. Le miroir étant couvert de buée, il me restait encore quelques instants avant de me voir… dans mon état plus que déplorable.
Je pris ma brosse à cheveux en argent et poils de licorne/centaure pour un meilleur brossage. Mais bien vite, pendant mes mouvements pour discipliner mes mèches quelques peu rebelles, mon visage apparut plus net dans le miroir et je pus comprendre mon parrain. Mes joues étaient creusées, les traces du manque de sommeil étaient visibles à des kilomètres… ayant oublié de lancer un sort de glamour.
Et, pire que tout, mes yeux. Ils étaient injectés de sang à leurs extrémités et je me fis moi-même pitié. Je devais à tout prix exposer à ce cher Balafré ma situation car sinon j'allais mourir de malnutrition et de manque de sommeil car, mine de rien, je n'arrivais plus à dormir la nuit, étant hanté par tous ces bruits de plaisir qui avaient envahi ma chambre le premier jour de mon arrivée ici. Et mes réveils pour me rendre aux toilettes afin de me vider l'estomac n'arrangeaient rien.
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(Trois jours plus tard - samedi 20 septembre 1996)
J'entendis très clairement, dans le silence de l'étage, cette belette femelle crier à l'autre abruti que c'était un salaud. Je me demandai soudain pourquoi, en la voyant passer devant la classe où j'avais élu domicile depuis que je les avais vus pénétrer la salle sur demande, et remarquai qu'elle était en pleurs. Qu'avait bien pu faire cet idiot pour la mettre dans cet état ?
Je dus attendre quelques minutes avant d'entendre d'autres pas dans le couloir mais ils s'éloignaient au lieu de se rapprocher de moi. Je me risquai à passer la tête par la porte et je vis que Potter, au lieu de venir vers moi et les escaliers pour quitter l'étage, partait se balader à son aise dans l'autre sens. Cet imbécile allait tout foutre en l'air. J'avais déjà du mal à ne pas déguerpir, devant quand même lui montrer mon besoin de son aide, et cela était difficile.
Je me mis à trembler et mon attente de le voir passer devant moi fut longue et éprouvante. Mon cœur battait à tout rompre, mes mains tremblaient et devenaient moites. Sans oublier cette douleur dans mon crâne. Mais après des minutes qui me parurent des heures, il passa enfin devant la porte où je me cachais. Je l'empoignai alors, sans oublier de lui bâillonner la bouche de ma main pour ne pas qu'il ameute tout le monde, et le poussai à l'intérieur sans ménagement. J'enlevai ensuite ma main de sa bouche et la frottai sur mon pantalon.
Quand j'eus fermé la porte d'un sort et que je l'eus insonorisée, je lâchai :
- Potter faut qu'on parle !
Mon corps tremblait et j'avais tenté de toutes mes forces de garder une voix posée et froide comme avant toute cette histoire.
- Nous n'avons rien à se dire Malfoy, laisse-moi !
Il me poussa sans ménagement pour sortir de là et je le vis tenter d'ouvrir cette porte. J'avais une partie de moi qui voulait plus que tout qu'il parte d'ici, loin de moi, mais je devais à tout prix le faire m'écouter, maintenant que j'avais eu le courage de le tirer dans cette pièce avec moi.
- Potter ! Criai-je désespéré devant son insistance à quitter cette classe.
Je serrai les poings, car je sentais monter en moi cette sensation de malaise et je pouvais deviner que je n'allais plus tarder à fondre en larmes, comme je le faisais dès que je ressentais une trop grande émotion depuis un petit moment.
Il se retourna enfin vers moi et je lui dis d'un ton furieux :
- Détrompe-toi si tu penses que cela me fait plaisir d'être dans la même pièce que toi ! Mais maintenant que j'ai eu le courage de venir te parler, je ne vais pas m'arrêter là !
- Moi je ne veux pas te parler !
Il dégaina sa baguette et la pointa vers moi. Je devais vite dire n'importe quoi pour éviter que cela ne tourne en bagarre, car cela n'arrangerait en rien mon problème, risquant d'être enfermé à Azkaban si un sort exauçait mon souhait, celui de faire partir ce truc qui grandissait en moi en ce moment même, sans mon consentement.
POV Harry
- J'ai besoin de toi !
- Hein ? Dis-je en baissant ma baguette par automatisme plus que par envie.
- Je viens de te dire que j'ai besoin de toi !
Je pouvais voir la colère sur ses traits et un instant je me demandai ce qu'il pouvait bien me vouloir. Puis, sans m'en rendre compte, je reçus un coup en plein visage.
- Ca c'est pour avoir souillé mon corps ! Hurla-t-il tout à coup.
- Ca ne va pas la tête, dis-je en plaçant la main sur ma joue.
- Tu ne peux pas comprendre Potter… tu ne peux pas comprendre ce que je vis depuis cette nuit-là...
- Ne parle pas de ça, criai-je en brandissant ma baguette.
- Mais vas-y… lance-moi un sort ! Je serai enfin débarrassé de ce truc en moi, hurla-t-il les yeux humides.
Trop humides.
Puis ses paroles firent leur chemin et j'eus peur tout à coup. Avais-je une maladie sexuelle ? Comme chez les moldus ? Je me sentis mal car Ginny venait peut-être de se faire contaminer mais le pire… la chose la plus improbable arriva :
- Tu m'as engrossé salaud ! Tu… tu… tu as osé…
Engrossé… Grossesse… bébé…
- C'est quoi cette blague Malfoy ?
Voilà, fin du chapitre 5 : partie 1 !
A vos claviers pour vous plaindre ou encore me dire que vous avez aimé !
Jes Cullen-Malfoy
(^-^)