Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Titre : Le frère de mon cœur
Béta correctrice : Vivi64
(La seule, l'unique esclave de Jes – et d'Emmoirel^^')
Couple : Jasper/Edward
Rating : M
Situation : L'histoire se déroule dans le tome « Fascination ». Edward a sauvé Bella du van de Tyler et se prépare à faire face à sa famille.
(P.S. Je me suis quand même aidée à la base de ce que j'ai lu de Midnight and Sun) et cette histoire prendra en compte au moins les tomes 1 et 2 avec certains changements !
Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer. Les autres m'appartiennent.
Taille : Mini fiction de six chapitres + épilogue :-)
Type : slash (relations sexuelles entre hommes ! Même si dans les premiers chapitres cela n'y ressemble pas)
Les
pensées sont entre « »
Ps : j'ai rajouté des données temporelles pour éviter de se perdre… (^-^)
Bonne lecture
Jes Cullen-Malfoy
IMPORTANT: Ce chapitre est comme on pourrait le dire "Songfic" car à un certain moment, il faudra écouter la composition faite au piano (vous pouvez dès maintenant copier ce lien Youtube dans une autre fenêtre et mettre play quand je vous le dirais (
et pas avant sinon ça gâche tout) car si vous suivez mes instructions, le temps de musique sera égal au passage qui en parle
(si c'est pas du timing ça!) http://www.youtube.com/watch?v=vPbzUzilEgk&list=PL5385A2462466C437
Chapitre 5
POV Jasper (Avril, un mois depuis leur rencontre au Brésil)
Je jouais de ma guitare en rythme avec son piano, et ces moments de bœufs nous les aimions. A la villa, à Forks, je n'avais pas joué une seule fois et reprendre la musique me faisait du bien.
Quand nous jouions, mes pensées restaient loin de lui, me laissant un peu d'intimité. J'avais eu du mal à garder mes sentiments pour moi et j'avais encore plus de mal depuis une semaine car il pensait sans cesse à son humaine. Quand je revenais de chasse, restant dans l'ombre, je pouvais capter son désir, son amour grandissant encore pour elle, alors qu'elle était loin d'ici, certainement remise avec un autre.
Et moi, j'en souffrais. Il l'aimait elle alors que moi, il supportait ma présence, il me parlait de temps en temps mais rien d'autre. Il ne voulait plus lutter avec moi, il ne voulait plus chasser avec moi.
A part jouer ensemble ses compositions, nous ne faisions plus rien à deux et je me demandais si je ne devais pas tout simplement le quitter. Et en plus, j'avais de plus en plus de mal à créer une barrière pour qu'il reste éloigné de mes pensées. J'en avais plus que marre de réciter les Etats ou même mes tables de multiplication. D'ailleurs, combien de fois n'avait-il pas hurlé de cesser de lui donner mal au crâne.
Si je ne savais pas qu'un vampire était exempt de douleur, je l'aurais fait et me serais confondu en excuses, mais il ne souffrait pas… il ne ressentait aucune douleur due à ma présence… tout le contraire de moi.
- Je vais prendre une douche, me dit-il en cessant de jouer en plein morceau.
- Ok…
- Tu devrais aller chasser, me dit-il comme un ordre en montant à l'étage.
Je déposai mon instrument contre le mur et me levai. Je me plaçai devant la fenêtre et regardai le ciel. Il était sombre, face à la nuit proche et je me perdais dans les nuances de gris et de bleu nuit qui le définissait.
- Jazz… va chasser putain !
Je soufflai, et, comme à chaque fois, je sortais de la maison que nous avions achetée dans la campagne d'un petit village au Canada qui était pire niveau météo que Forks et courais vers la forêt qui bordait, une fois n'était pas coutume, notre propriété.
Une fois au centre de la verdure, au lieu de chasser le gibier, je grimpai à l'arbre le plus proche et laissai enfin mes pensées sortir, s'exprimer comme elles le souhaitaient.
POV Edward (Quinze jours avant)
Mon regard était perdu sur son torse, celui que je matai en secret. Chaque soir depuis notre arrivée, deux jours après notre rencontre au Brésil, il faisait des centaines et des milliers d'abdominaux. Pourquoi ? Je n'en savais rien, vu qu'il ne pouvait pas se muscler plus mais je le laissais faire, me donnant ainsi un moyen de me régaler de sa vue. Je voyais son torse monter et descendre en rythme de ses respirations inutiles, je pouvais entendre ses comptes, pour ne pas perdre le fil. Il devait en être à sa troisième série de mille. Et rien… pas une demi seconde de retard, chaque mouvement était calculé, chaque montée était effectuée au bon moment. Et là, dans ma chambre, chaque soir, je le regardais et me posais de plus en plus de questions.
Le voir torse nu, le jean tombant sur ses hanches, j'avais réagi. Honteux au début, j'avais senti mon sexe se faire connaitre. La première fois, j'avais fui et chassé comme un dément.
Les autres fois, je m'étais résolu à laisser mon corps s'exprimer. Et là, comme à chaque fois, je pouvais sentir mon sexe s'ériger petit à petit.
Je fermai les yeux et imaginai l'avoir sous mes mains, torse nu. Je savais qu'il m'aimait… et qu'il me désirait. Mais moi, même si je le désirais de plus en plus, car mon corps et mon sexe me le démontrait bien malgré moi, je n'avais encore rien fait de concret. Juste imaginé.
Je voulais lui rendre le sourire, celui que je ne voyais plus depuis notre emménagement. Je voulais qu'il soit heureux et depuis deux jours, je savais comment faire. Mais je n'arrivais pas à le faire.
Il m'aimait, j'en aimais une autre qui serait à jamais inaccessible. Pourquoi ne pas le laisser m'aimer, le laisser enfin exprimer ce qui l'enfermait dans ses pensées presque 24h/24.
Mais une partie de moi, celle qui appartenait à ma Bella, criait d'indignation vis-à-vis de mes pensées. Et malgré moi, même si un peu plus chaque jour j'avais envie de rendre le sourire à mon frère de cœur, je ne pouvais lui offrir mon corps sans lui offrir en même temps cet organe qui avait cessé de battre depuis si longtemps, brisé à mon départ de Forks.
**C'est le moment pour enclencher la vidéo**
(c'est vivement recommandé)
(Quatorze jours plus tard – la veille du POV de Jasper en début de ce chapitre)
Mes doigts glissaient sur l'ivoire des touches et mes yeux étaient fermés. C'était le moment où je laissais les notes former les caresses que je ne pouvais faire. Chaque touche enfoncée était égale à mes mains sur son corps.
Ce corps qui me rendait fou… ce corps qui était sous mes doigts en ce moment. Je m'imaginais passer mes doigts le long de son torse, je m'imaginais découvrir du bout des doigts les contours de ses muscles figés. Je pouvais même sentir par-delà mes pensées sa cage thoracique monter et descendre au rythme de sa respiration.
Et mes mains voletaient d'ivoire en ivoire, mes sens étaient libérés pour m'imprégner de ce que je ne pouvais pas avoir. Pourquoi ?
Je le désirais, je voulais son corps, je voulais remplacer ces touches froides et sans vie par lui, je voulais jouer de son corps comme maintenant, je voulais le faire gémir, le faire crier. Je voulais lui donner vie entre mes mains, comme je donnais vie à cette mélodie. Mais c'était mon frère, un frère éperdument amoureux de moi, un frère qui souffrait d'être ici, un frère qui ne méritait pas de devenir mon instrument.
Il méritait une personne qui pourrait faire jouer son corps avec amour, avec passion, avec tendresse. Comme moi avec ce piano auquel je faisais l'amour. Je bougeais mes mains avec grâce, je caressais les touches blanches et noires comme je l'aurais fait avec le corps si fragile de ma moitié. Ma Bella. Celle qui, malgré tout mon amour pour elle, n'avait pas réussi à réveiller ce côté masculin en moi. Le désir de la chair, l'envie de prendre du plaisir, le besoin de prendre possession d'un corps. Elle m'avait juste inspiré l'amour, le plus pur sentiment jamais ressenti.
Mais je bafouais tout ce que j'avais pu lui témoigner en ressentant ce besoin de faire vivre mon frère par mes mains, ma bouche, mon corps… mon sexe.
Je penchai ma tête en arrière et la secouai pour cesser toutes pensées afin de me reconnecter sur ma mélodie… sur cet ensemble de sons qui formaient mes envies du moment.
Mais bien vite, malgré toute ma volonté
, il était de retour… là, dans le jardin. Il était nu, impudique, allongé et le regard braqué sur moi. J'imaginais son sexe dressé d'envie… Je me voyais m'accroupir à ses côtés et mener ma main pour enrouler mes doigts autour de son membre en érection, imaginant même dans mon esprit l'aspect de son gland que j'imaginais rougi dans l'attente d'une délivrance. Je me mettais à caresser sa longueur en douceur, comme je le faisais depuis quelques jours sous ma douche.
Mes mains jouèrent avec plus de profondeur et, n'y comprenant rien, je sentis ma semence maculer mon pantalon. Les fausses notes inondèrent la pièce et à la fin, après un grognement d'insatisfaction, je me ruai sous la douche, bénissant tous les Dieux que Jasper soit parti chasser il y a plus d'une heure.
(Le lendemain - même Jour que le POV de Jasper)
Comme pratiquement chaque jour, le moment de jouer ensemble était arrivé et nous étions en harmonie. Il me suivait au gré de mes changements et il le faisait admirablement bien. Les cordes de sa guitare s'unissaient aux vibrations de celles du piano et c'était comme si nous ne faisions qu'un. Mes doigts qui appuyaient sur les touches, les siens qui grattaient les cordes de son instrument, étaient dirigés par la même envie : créer une mélodie. Et qu'elle était belle. Elles étaient toutes belles !
Je n'avais jamais entendu jouer mon frère depuis notre rencontre et quand il avait joué à notre arrivée ici, j'avais fondu. Il jouait bien, même très bien. J'avais été assailli par les émotions qu'il voulait faire passer dans son jeu.
Et là, j'étais bien. Je partageais ma passion avec lui car la musique avait toujours été ce qui me faisait vivre… depuis ma mort. Je me rappelais soudain ce jour si loin à présent où mon père de substitution m'avait emmené en ville, pour la première fois depuis ma nouvelle vie… permettant ainsi au livreur d'installer mon piano.
Quand j'étais de nouveau rentré à notre maison du moment, mes yeux carmin en auraient pleuré s'ils avaient pu devant ce magnifique piano noir laqué. Et depuis, j'avais trouvé mon refuge…
Une sorte de bras réconfortant, une présence rassurante qui ne me laissait pas seul.
Mais bien vite, tout partit en fumée quand je me souvins de la veille, de l'incident qui était survenu. Comment en imaginant mon frère sous mes doigts j'avais réagi et comment, en cet instant, mon sexe se dressait de nouveau.
Sans laisser le temps à Jasper de sentir mon problème, je cessai de jouer et lui intima de partir chasser pendant que je prenais ma douche.
Une fois dans la salle de bains, je me dévêtis en une fraction de seconde et je filai sous le jet d'eau que j'allumai sur la température la plus élevée possible.
Quand je sentis légèrement l'eau glisser sur ma peau, je posai ma tête sur le carrelage noir et fermai les yeux. Je me sentais comme un monstre, le pire qu'il soit. Mais je ne pus empêcher ma main de descendre plus bas et de saisir mon sexe à moitié dressé. Je mordis ma lèvre pour taire le gémissement qui voulait sortir et comme les autres fois, je le vis, souriant, les yeux pétillants dans les premières années de son arrivée au sein du clan.
Je ne comprenais pas pourquoi je l'imaginais comme ça, mais cela suffisait pour que ma main glisse de plus en plus vite sur ma hampe, qu'elle serre de plus en plus, m'amenant à la fin, à cette sensation si nouvelle pour moi.
Humain, je ne m'étais jamais caressé et le faire en tant que vampire était étrange. Mais pas désagréable. Je dirais même que j'avais la nette impression que les sensations étaient exacerbées, multipliées.
Quand je me vidai en de longs jets, je ne pus que me laisser glisser au sol. Je rinçai ma main souillée de mon sperme et après un petit instant, je rabattis mes jambes contre mon torse et laissai l'eau couler sur mon corps.
POV Jasper
« Une fois au centre de la verdure, au lieu de chasser le gibier, je grimpai à l'arbre le plus proche et laissai enfin mes pensées sortir, s'exprimer comme elles le souhaitaient. »
Après quelques minutes, je décidai de rentrer, ne souhaitant pas qu'Edward croit qu'il pouvait me donner des ordres. Il me fallut à peine quelques secondes pour arriver près de notre maison. Là, je fus stoppé sur place par des émotions, des bruits.
Alors c'était pour ça ? Il m'envoyait chasser pour se masturber en pensant à cette insignifiante humaine !
La colère prit part de mon corps en un temps record et je serrai les poings. J'avais aussi cette sensation désagréable qui se faisait sentir. Cette tristesse, ce poids, cette lame… cette chose qui me transperçait le corps de part en part, cette fatalité qui m'était destiné.
Sentant mon venin affluer dans ma bouche et dans mes yeux, je fis tout pour me calmer et avançai lentement pour pénétrer dans cette maison. Cette maison que j'allais quitter cette nuit.
Le temps de faire mes bagages, et de l'envoyer chasser. Une sorte de vengeance… il m'envoyait loin pour me faire souffrir sans le savoir, je le quitterais de cette même manière.
Je ne comprenais même pas pourquoi il me cachait ses gestes naturels. Il ne connaissait pas mes sentiments pour lui, ça j'en étais sûr… je n'avais rien laissé filtrer sinon je l'aurais ressenti dans ses émotions, alors pourquoi m'éloigner pour son plaisir solitaire ?
Même en tant que frère je n'avais plus d'importance. Et cette constatation plus qu'une autre me fit mal. Je n'étais plus rien qu'une simple présence sur demande, une attache à la réalité.
Je devais partir, quitter tout ça, même si je risquais de le regretter le reste de mon existence. Et lui, il pourra faire de nouveau tout ce qu'il voudrait, même se laisser mourir.
Cette pensée me fit tomber à genoux, car même si lui ne m'aimait pas, moi je l'aimais et l'imaginer mort me donnait l'envie de crier. J'étais pathétique et abruti !
Quand j'entendis Edward descendre les escaliers et le vis habillé et coiffé, je ne pris pas la peine de lui adresser un mot, je me relevai et montai dans ma chambre. Je claquai la porte et me laissai tomber sur mon lit.
Depuis mon arrivée ici, ce dernier était toujours fait, n'étant jamais venu là… mais j'avais besoin de me recueillir ailleurs, de me souvenir de toutes ces années où j'étais encore heureux d'être avec Alice, où cela m'avait suffi. Ne comprenant pas mes sentiments pour lui.
Je voulais tant revenir en arrière, revenir dans le temps où j'étais aimé. Où ma présence importait aux gens qui m'entouraient. Mais je ne pouvais plus avoir ça et ma seule chance de vivre le reste de mes jours auprès de personnes qui se souciaient de moi, je l'avais perdu en quittant une fois de plus Maria pour mon frère.
Ce frère sans cœur, ce frère qui n'était qu'un monde d'égoïsme, qu'un monde rempli de Bella.
Cette peste qui m'avait volé mon frère, mon Edward ! Celui qui avait donné un vrai sens à ma vie, un vrai sens de ma rencontre avec Alice.
Je me tournais sur le dos, laissant mon regard errer sur ce plafond des plus imparfaits. Nous n'avions pas encore décidé de refaire la décoration et toutes les craquelures de la vieille peinture créaient des dessins abstraits.
- Jazz ?
- Quoi ? Aboyai-je.
Il ouvrit ma porte et sans attendre mon accord, il vint s'assoir près de moi.
-…
- Sors d'ici, dis-je sans le regarder, Esmée ne t'a jamais appris la politesse !
- Je ne voulais pas… je ne voulais pas céder, tu comprends ?
- De quoi tu parles ? Demandai-je en me redressant, lui faisant ainsi face.
-…
POV Edward
A peine ma douche finie, j'en sortis, enfilai un nouveau jeans et une nouvelle chemise. Seulement, avant de descendre, je me mis à entendre les pensées de mon frère. Je ne savais même pas s'il se rendait compte qu'elles m'étaient lisibles.
Puis je fis attention à ce qui me parvenait et là, le choc !
Je n'en revenais pas d'entendre tout ça… de voir par ses pensées tout ce que je lui faisais ressentir. Je me sentais impuissant et entendre ses souffrances me fit mal. Mais je tentais de taire mes émotions pour ne pas l'assaillir.
Quand il passa près de moi sans même un regard envers moi, je me sentis minable. Je comprenais ce dicton qui disait que l'on aimerait être une petite souris car là, j'aurais aimé me faire tout petit, disparaitre, tout simplement.
Puis le son de sa porte qui claque et toujours ces pensées ouvertes à ma curiosité. Et plus on avançait dans les pensées, plus je me disais que je lui devais la vérité. Toute la vérité !
Le fait que je connaissais tout de lui depuis ce fameux jour où j'avais goûté son sang, ensuite, cette attirance physique que je ressentais envers lui de plus en plus… mais aussi ce tiraillement entre lui offrir mon corps et prendre possession du sien pour le rendre moins malheureux ou rester à distance comme je le faisais. Alors que la deuxième solution lui faisait du mal si j'en croyais ses pensées.
Après un temps à rester en bas des escaliers à réfléchir sur lui et moi, je me sentis perdu et en même temps idiot. Sur deux personnes malheureuses, l'une pouvait remonter la pente… alors pourquoi ne pas « me donner »… sans rien offrir en retour ?
Peut-être qu'il s'en contenterait ? Peut-être qu'il me ferait oublier une micro seconde mon amour pour ma douce Bella ?
Fort de cette résolution, je montai les marches. Une fois devant sa porte, je restai indécis sur la marche à suivre et devoir réfléchir sous le flot de pensées de plus en plus tristes de mon frère était difficile. Après quelques secondes, je soufflai pour me donner du courage et dis :
- Jazz ?
- Quoi ? Aboya-t-il.
J'ouvris la porte et sans attendre son accord, j'allai m'assoir près de lui. Je ne savais pas quoi dire à sa question. Pourquoi étais-je ici enfin de compte ?
-…
- Sors d'ici, me dit-il sans me regarder, Esmée ne t'a jamais appris la politesse !
- Je ne voulais pas… je ne voulais pas céder, tu comprends ? Dis-je heureux de pouvoir enfin parler mais aussi à l'absence soudaine de ses pensées.
- De quoi tu parles ? Demanda-t-il en se redressant, me faisant ainsi face.
-…
Une fois de plus, je ne savais pas quoi dire. Je me trouvais vraiment idiot et pour peu, j'avais l'impression d'avoir perdu ma langue entre ici et le rez-de-chaussée.
- Edward, s'il te plait, laisse-moi…
- Non ! Dis-je avec froideur.
- Non ?
Il se suréleva sur ses genoux pour me dépasser, mais j'en fis de même et nous nous faisions face… laissant juste quelques centimètres entre nous. Ses yeux étaient sombres… mais pas de soif, plutôt de colère, de rage contenue. Je pouvais les ressentir. Il émanait de lui ces émotions et sur le coup, il ne pouvait qu'avoir raison.
J'avais été bon qu'à faire souffrir mon entourage. Tout d'abord ma mère qui était morte parce qu'elle s'était occupée de moi pendant la maladie et elle l'avait emportée juste avant ma supposée mort… mais ensuite, il y avait eu mon père, mon mentor et mon créateur qui avait souffert de mon refus pour notre façon de vivre.
Et la liste était longue. J'avais aussi fait souffrir Rosalie en la snobant sans délicatesse dans les tous débuts, j'avais fait souffrir Esmée à son arrivée car elle me prenait mon attache à mon existence…
Et j'avais détruit la vie de ma douce, ma Bella. Je savais qu'elle allait avoir du mal à s'en remettre. Et pour finir, j'avais gâché le couple que formaient Alice et Jasper.
J'avais, sans l'avoir voulu, fait tomber cet homme fou amoureux de moi. Mais il n'avait rien tenté et peut-être que si je ne m'étais entêté à vouloir m'approcher de mon humaine, il aurait fait le reste de sa vie comme ça. Restant avec sa femme et m'aimant en secret.
Mais j'avais tout détruit, son univers, son bonheur, pour maintenant le faire encore plus souffrir.
- A quoi penses-tu ? Me demanda-t-il.
- Prends-moi, dis-je sans réfléchir…
Devant son air totalement incrédule, je pris son visage entre mes mains et lui dit toute la vérité… tout.
- Je sais tout… depuis notre rencontre au Brésil. Quand j'ai bu ton sang, j'ai en quelque sorte vécu toute ta vie avec les émotions en plus… et j'ai agi égoïstement en voulant te garder près de moi sachant que tu m'aimais plus que de raison.
Il voulut s'échapper de ma prise et la seule pensée que je pus entendre avant qu'il ne remplace son mur, fut « Trahison ».
- Mais je voulais juste l'oublier elle… l'oublier et ne pas être seul le reste de mon existence…
- Tu me fais vivre le martyr en sachant ce que je ressens pour toi, me dit-il les mâchoires serrées.
Ce qu'il me dit fut le coup de grâce. Je voyais totalement mes actes, mon égoïsme légendaire et je ne pus m'empêcher de le prendre dans mes bras.
- Je t'appartiens désormais Jasper… fais ce que tu veux de moi. Aime-moi, déteste-moi…
POV Jasper (Deux mois plus tard)
Je lisais mon livre au clair de lune tandis qu'Ed jouait du piano.
Depuis près de deux mois, nous avions une nouvelle routine qui ressemblait plus à celle que nous avions avec les Cullen. On vaquait à nos occupations une bonne partie de la journée, on partait chasser ensemble une ou deux heures, puis, la plupart du temps, ou je lisais et lui jouait, ou nous jouions ensemble.
Et le plus beau, le soir, comme les humains le feraient, nous partions s'allonger ensemble dans mon lit et là, je le serrais contre moi. Je n'avais pas pu profiter de son corps même si je pouvais sentir quelquefois un désir émanant de lui. Mais juste sa présence, le fait qu'il veuille à nouveau lutter avec moi, que l'on chasse ensemble… que quelques quelquefois on se blottissait juste l'un contre l'autre, comme si rien n'avait changé, me suffisait.
Certes, la nuit, quand je sentais son souffle – inutile – contre mon cou, j'avais la fugace envie de lui ravir ses lèvres mais je me l'interdisais. Il me laissait profiter de sa présence bien plus qu'il n'aurait dû le faire, je connaissais son absence de sentiment à mon égard.
Et juste là, en cet instant, j'entendais qu'il jouait cette mélodie, celle qui me faisait ressentir tant de chose. Et je savais inconsciemment qu'elle était destinée à Bella.
C'était comme une ode à son amour pour elle, j'avais l'impression que par cette musique il lui faisait l'amour. D'ailleurs, je n'en parlais pas, et il en faisait de même, mais le plus souvent cette mélodie créait en lui de tels émois qu'il atteignait la jouissance sans même se toucher.
Et cela me faisait du mal. J'aurais tant voulu qu'il joue pour moi, qu'il m'aime moi. Mais je devais être heureux car j'allais passer le restant de mon existence avec lui, près de lui. Voyant ses sourires qui revenaient si souvent, partageant avec lui ses journées.
OoOoOoOoOoO
- Tu lis quoi ?
Je ne pris pas la peine de répondre et montrai la couverture du livre.
- Déjà lu ! Me dit-il en s'installant près de moi.
- Je finis mon chapitre et on peut aller au lit, dis-je en tournant ma page.
- Ok… je vais rester ici, si tu veux bien, les étoiles sont magnifiques.
« Tu sais très bien Ed' que ta présence me comble de bonheur » pensai-je.
Deux secondes suffirent pour que je me sente soulevé. L'instant d'après, mon dos reposait contre son torse et comme rarement, je me laissais aller et terminais ma lecture.
POV Edward
Je laissai tomber ma tête en arrière et je regardais les étoiles. Seul le bruit de la nature, du souffle lent et calme de mon frère et le son des pages tournées envahissait l'espace et je me sentais bien.
Quelquefois, comme ici en ce moment, je ne pouvais m'empêcher de penser encore à elle et à notre histoire. A la possibilité que ce soit elle entre mes jambes, elle dans mon lit le soir. Mais non, c'était lui et cela en devenait indéniable, incassable.
Sa présence me réconfortait, son corps près de moi la nuit me rassurait. Je n'étais plus seul et une entente entre nous s'était instaurée. A part se blottir l'un contre l'autre, nous ne faisions rien d'autre.
Pas une seule fois il n'avait tenté de m'embrasser ou de me … Si je n'avais pas été vampire, j'aurais rougi.
- Ed'… arrête de penser à des choses pour adultes… tu me perturbes !
Je ris et embrassai machinalement ses cheveux avant de me relever. Il suivit mon mouvement et referma son livre.
- Tu es un vrai gosse ! Tu fais tout pour que j'arrête de lire !
Je voyais bien qu'il se retenait de rire, de ce rire qu'il le rendait si beau, si vivant.
- Tu me connais, dis-je en courant sans me presser vers l'étage.
OoOoOoOoOoO
Mes yeux étaient perdus dans les siens et là, j'avais envie qu'il s'avance et qu'il pose sa bouche sur la mienne, comme chaque jour.
Quand je lui avais offert mon corps, j'avais espéré qu'il en profite, me faisant vivre ce qui me trottait dans la tête depuis quelques temps, mais non.
Nous avions une relation platonique… et je ne pouvais décemment pas faire le geste moi-même. Et Dieu que j'en avais envie.
- Je regrette tellement, me souffla-t-il tout à coup.
- Quoi ? Demandai-je en m'avançant d'un millimètre.
- Que tu ne puisses pas dormir et me laisser en paix, rétorqua-t-il affichant un sourire éblouissant.
Je grognai pour la forme et comme les autres nuits, je me rapprochai de lui et posai ma tête dans son cou. Je savais qu'il savait à quoi j'avais pensé il y a de ça quelques secondes mais même avec ça, il ne franchissait pas ses limites. Et je ne pouvais lui en vouloir.
Je ne pouvais pas le forcer à m'offrir ce dont j'avais envie, tout en lui refusant ce dont il voulait plus que tout. Je ne pouvais pas demander du sexe pur et simple quand il ne souhaitait que mon amour. Alors, je faisais son bonheur comme il le souhaitait… étant près de lui, le laissant de nouveau être proche de moi comme avant ma découverte de ses sentiments pour moi, avant Bella.
- Je t'aime tellement, me dit-il.
Je pus ressentir de la gêne venant de lui… tellement elle inondait son corps mais je pouvais comprendre son besoin de me le dire. Comme une excuse… un exécutoire, une confession. Cela était même une délivrance pour lui de me dire ces mots chaque jour, dans ce lit, quand il était contre moi. Et comme à chaque fois, je ne dis rien et fermai mes yeux.
Je me créai un état proche du sommeil, exercice facile étant donné que je pouvais rester immobile une éternité sans me forcer. Je pus sentir sa prise se faire plus forte, comme si j'allais m'enfuir pendant la nuit, le quitter sans explication.
Mais je ne le voulais pas car là, j'étais bien, heureux, et étrangement je me sentais à ma place comme jamais je ne l'avais ressenti près de Bella dans son lit.
Étrange.
POVJasper (Quelques jours plus tard)
Je bougeais rapidement, le noyant de diverses pensées. Ma tactique changeait de seconde en seconde et il n'arrivait pas à m'attraper. J'avais envie de rire car j'avais, au bout de soixante ans, trouvé sa faille.
Jamais il n'avait perdu à la lutte, grâce à son don, mais jamais il n'avait gagné contre moi grâce à mes connaissances du combat. Mais là, je savais qu'aujourd'hui cela allait changer. Je l'envahissais de pensées, je l'inondais de sensations qui lui créaient une sorte de difficulté à se diriger. Et pour couronner le tout, je le frôlais à chaque secondes pour le rendre fou. Je pus entendre un grognement bestial et j'eus peur quand il fonça sur moi à toute allure.
Je parai en moins d'un millième de seconde et il passa juste à coté de moi.
- Putain Jasper, tu me fais quoi là ? ! Cria-t-il en se déplaçant autour de moi sans jamais savoir me toucher dû à mes mouvements pour lui échapper.
- Je gagne mon cher ! M'exclamai-je en lui sautant dessus et en le faisant tomber à la renverse.
Je pus voir ses yeux exorbités et voulant certainement se débattre, je dus lui agripper les poignets et les placer à côté de sa tête.
- Tu as perdu Ed'… rends-toi…
Il continuait de me regarder et je pouvais sentir diverses émotions émaner de lui : la colère d'avoir perdu, la surprise face à mon geste, un sentiment de joie minime, certainement dû au fait que pour une fois il n'avait pas gagné, mais le plus déroutant était ce dernier sentiment… celui qui me clouait sur place, la respiration stoppée.
- Edward ? Interrogeai-je.
Il hocha la tête et voulut une fois de plus se relever. Étant plus fort que lui, il ne put se déloger de sous moi.
- Pourquoi ? Demandai-je.
- Tu crois que j'y peux quelque chose… et puis… c'est mieux non ?
Je ne comprenais plus rien. En quoi c'était mieux de penser à elle à cet instant, pendant que nous faisions une activité ensemble. Il devait pourtant savoir que je détestais quand il pensait à elle alors qu'il était avec moi.
- Tu ne comprends rien, entendis-je.
Je serrais ses poignets plus forts, voulant lui faire mal, voulant le faire souffrir comme je souffrais. Alors on y était ! Le moment était venu. Je devais pourtant le savoir que ma vie, si bien depuis deux mois, allait se stopper quand il déciderait d'arrêter ce cirque et de partir loin de moi. De partir la retrouver. Car l'aimer, il l'aimait vraiment au jour d'aujourd'hui.
Peut-être était-ce notre rapprochement qui l'avait conduit sur la bonne voie, sur la voie du véritable amour. Et non la fascination mais j'aurais tant voulu qu'il n'y arrive pas.
Qu'allait-il se passer maintenant, allait-il me quitter ? Allait-il me demander de venir avec lui à Forks ? Tant de questions, tant de pensées que j'avais la sensation que mon crâne allait exploser.
- Idiot !
Je n'eus pas le temps de rétorquer quoi que ce soit car une bouche était posée sur la mienne.
POV Alice (Au mois de mars – 3 jours après la rencontre d'Edward et Jasper au Brésil)
Je n'avais pas bougé de là, tenant toujours sa main. Je me sentais tellement mal d'avoir condamné mon amie à cette vie mais comment faire autrement.
J'avais été stupéfaite quand j'avais eu la vision de son corps tomber de cette falaise en territoire ennemi. Mais ma famille avait beau eu tout faire pour me retenir, car Edward n'aurait pas voulu ça pour elle, j'avais filé aussi vite que je le pouvais à Forks. J'avais, sans peur, inconsciente, traversé les limites quileutes et j'étais arrivée trop tard. J'avais atterri sur la plage, et je voyais ce loup pleurer sur le corps qui ne reprenait toujours pas vie.
Et puis tout s'était enchainé. Il m'avait sentie, il m'avait regardée avec haine et dégoût, il s'était juste levé et avait quitté cette plage. Et j'avais été près de mon amie, ma véritable amie. Tout à coup, j'avais entendu. Ce faible battement, celui qui pouvait lui donner vie… pour l'éternité.
Et j'étais là, seul avec elle, dans ma chambre. Celle dans laquelle je n'avais plus mis les pieds depuis le jour où mon frère nous avait ordonné de partir et de laisser Bella vivre sa vie d'humaine.
- Elle va se réveiller, entendis-je.
Je me tournai et regardai Carlisle. Il avait lui aussi, au même titre que le reste de la famille, tenté de joindre cet idiot d'Edward… mais aucune trace. Il ne répondait pas à nos appels, on pouvait même dire que son numéro était inaccessible. J'avais peur qu'il lui soit arrivé quelque chose mais entre le départ de mon mari, le corps de mon amie qui allait se réveiller et le fait que j'avais les yeux rouges sans oublier que j'allais certainement devoir me sevrer du sang humain qui était si délicieux, je ne pouvais me préoccuper de cet égoïste qui m'avait tant enlevé : mon mari et mon amie.
J'étais persuadée que Jasper était parti pour éviter le regard de reproche de la famille, d'éviter de ressentir notre peine due au départ d'Edward. Et puis, il y avait Bella.
Elle n'allait plus être la même… elle allait avoir d'autres envies, d'autres pensées. D'abord l'envie de tuer, de boire. Puis, la colère… l'agressivité. Et avec le temps, la tristesse, car elle était désormais un vampire et l'homme qu'elle aimait à en mourir n'était pas là à ses côtés comme il aurait dû l'être.
Une pression sur ma main me ramena à la réalité et juste avant qu'elle n'ouvre ses yeux carmin, je me fis la promesse que dès que nous le pourrions, nous allions ratisser toute cette foutue planète pour retrouver nos amours ! Car je ne me voyais pas vivre sans ma moitié et la famille dépérissait de leur absence, surtout Esmée qui avait perdu deux fils, dont Edward… son premier dirions-nous.
Voilà, le chapitre 5 publié ! Il fait 16 pages et 6.652 mots.
Comme dit au chapitre précédent, le chapitre où les choses se passent plus sérieusement entre Edward et Jasper seront dans le chapitre suivant (le chapitre 6
).
Sachez aussi que désormais je peux dire que cette fiction fera six chapitres + un épilogue. Donc, la fin est proche !
J'espère que jusqu'ici cette fiction vous a plu. J'avais envie de passer à autre chose, quelque chose de moins rapide pour faire tomber notre Edward dans les bras de Jasper et je suis ravie d'y être arrivée sans difficulté (selon mon avis
).
A très vite, et merci de me lire ! Sachez que toutes vos reviews me font super plaisir et je suis ravie d'en recevoir de nouveaux lecteurs !
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 5 republié corrigé le 19 novembre 2011