Auteur : Jes Cullen-Malfoy

Titre : La bague de l'amour

Couple de cette fiction : Harry Potter / Draco Malfoy

Rated : M, Mpreg de prévue (Grossesse masculine)

Type : Cette fiction est un slash même si au début, voire même en grande partie, cela n'y ressemble pas, alors si ce type d'histoire ne vous plait pas, passez votre chemin.

Situation : Cette fiction débute au 6ème tome, c'est-à-dire en 1996 à la rentrée de sixième année d'Harry à Poudlard.

Béta correctrice : Vivi64

Disclaimer : Voir chapitre 1

Petit rappel : Voir chapitre 1


Note d'auteure : Alors, je tiens juste à préciser que ce chapitre est en fait un autre Bonus, comme celui déjà publié. Donc, pour ceux qui ne désirent pas lire ce type de chapitre, aucun souci. Je tiens à vous rassurer, le moment venu où les Bonus devront être obligatoirement lus, je le soulignerai dans ma note d'auteur. Sinon, pour ceux qui ne sont pas réfractaires à lire ce deuxième Bonus, bonne lecture.

Note Vivi : Bonne lecture tout le monde (et pensez à laisser votre avis ^_^)


Réponse pour JBE : Ta review m'a touchée et je te remercie pour ça. J'espère que cette suite te plaira et je tâcherais de ne pas trop trainer pour publier les autres. Bonne lecture !

Si à l'avenir tu souhaites une réponse à ta review, laisse-moi une adresse ou un compte FB, ne répondant ici par le biais du chapitre de manière exceptionnelle. (Ce message vaut aussi pour les autres anonymes) :p

Merci aussi à manganiark, qui est très loin dans ses suppositions. Bonne lecture la belle *-*


Bonus 2 **Fait suite au Bonus 1 et non au chapitre 9**

POV Harry (13 jours après le dernier POV - Fin décembre 2001)

Je venais de conduire Mike à l'école pour son dernier jour avant les vacances de Noël. Je retirai mon manteau ainsi que mes bottes, pleines de boue et de neige. Je n'avais pas spécialement envie de nettoyer la maison aujourd'hui.

Une fois débarrassé, je filai dans la cuisine pour me servir un deuxième café, que je pourrais boire à mon aise cette fois-ci.

Je me sentais bien à cet instant chez moi, au calme. Sans devoir penser au petit, à ce qu'il faisait.

J'en profitai un petit moment, avant de me lever à contrecœur pour aller dehors récupérer le courrier, le facteur devait être passé maintenant. Je faillis tomber une ou deux fois, vu l'état du sol gelé et enneigé, et me dis que je devrais peut-être penser à passer un peu de sel et à déblayer. Mike pourrait se blesser. Ou le facteur.

Une fois mon courrier en main, je repris le chemin de la maison en respirant à pleine poumon l'odeur de la campagne. J'aimais ce petit coin que j'avais trouvé sur les petites annonces lors de mon arrivée en Amérique. Je me souvins avoir d'abord cru que je pourrais habiter une grande ville telle que Washington ou New-York. Mais peu après mon arrivée sur ce continent, j'avais vu cette maison en vente au Canada ainsi que le magasin. C'était un couple de vieilles personnes qui stoppait leur activité commerçante et vendait leur magasin ainsi que leur maison. Une offre en or pour un garçon comme moi qui ne savait rien faire et qui avait beaucoup d'argent.

J'avais donc acheté la maison et « tenu » le magasin. Bon, je n'y passais que deux à trois fois par mois, ayant donné une promotion à l'ancien employé. Il s'occupait désormais de tout. Les factures, l'approvisionnement, l'ouverture du magasin. Moi, je ne faisais que recevoir soixante pour cent du chiffre d'affaire mensuel et lui, il touchait un très bon salaire pour la région.

Ça et mes intérêts annuels sur la somme placée en banque me permettaient de ne pas travailler avant que Mike ne soit assez grand pour que je puisse le délaisser un peu. J'avais donc encore une bonne dizaine d'années devant moi avant de devoir penser au manque d'argent. Surtout que dans cette petite ville de Slave Lake, il n'y avait qu'un seul magasin d'alimentation et c'était le mien. Si les habitants souhaitaient aller faire leurs courses ailleurs, ils devaient faire une bonne trentaine de kilomètres pour une simple supérette hors de prix.

Sans oublier que je ne manquais de rien et que cette vie me permettait d'offrir à mon fils tous les jouets, une nourriture équilibrée et lui permettre certaines activités futures.

J'avais d'ailleurs l'intention de l'inscrire dans le club de baseball local. Mike était solitaire et j'espérais qu'il se ferait des amis rapidement. Je n'aimais pas le voir de plus en plus triste. Ses sourires étaient désormais rares.

Une fois revenu dans l'entrée, je retirai une fois de plus mes bottes et pris la direction de la salle à manger. J'y ouvris les factures et fis les comptes. Ensuite, je jetai un œil aux publicités. Je pouvais suivre ainsi un peu le magasin et être au courant si les habitants m'en parlaient pendant que je faisais moi-même les courses.

D'ailleurs, j'adorais passer à la caisse et saluer Bérénice qui rougissait toujours comme une adolescente.

L'horloge sonnant l'heure, je décidai d'aller faire mon sport quotidien maintenant, Mike finissant à midi au lieu de trois heures de l'après-midi.

Je descendis au sous-sol et commençai par enfiler une tenue propre.

OoOoOoOoO

Je me garai et attendis que les enfants sortent en courant pour ce dernier jour d'école. Je soupirai en voyant ces parents aux visages défaits. C'était comme si avoir leur progéniture près d'eux les rendaient tristes. Je me donnai une fois de plus raison de ne pas montrer un peu trop mes émotions à Mike, histoire de ne pas le perturber. Si un jour il me voyait sourire et le lendemain tirer une tête jusque par terre tout ça parce que j'aurais une fois de plus rêvé de lui, cela le ferait s'inquiéter pour moi.

Et un bon père ne faisait pas ça.

Les enfants sortirent en courant et criant comme prévu. Je sortis donc du véhicule et pris le chemin de la classe. Comme à l'habitude, je vis Mike le visage collé à la vitre, debout sur une chaise, tenant sa souris verte. Sa maitresse lui indiqua que j'étais là et il descendit puis marcha vers moi la tête basse.

Je lui pris son cartable lui laissant son sac à mallette et je lui pris ensuite la main. Je n'avais pas envie un jour voir mon fils plein de sang, affalé sur la route après s'être fait renverser par un chauffard inconscient roulant bien trop vite aux abords de cette école. Je tenais à lui plus que ma vie.

Une fois installé sur son siège auto, je me mis au volant et conduisis jusqu'au centre commercial. Je devais y acheter quelques jouets avant Noël. Même si je ne faisais pas de sapin, il avait ses cadeaux près de la cheminée chaque année.

Les courses ne durèrent pas longtemps, sachant exactement ce que je voulais pour mon fils et vu que ce dernier n'avait rien réclamé d'autre, je ne trainai pas. La caissière flirta avec moi, comme presque à chacune de mes visites et je combattis cette aversion en moi pour les relations.

Je ne m'étais plus jamais investi dans une relation, quelle qu'elle soit, et cette fille pouvait encore courir pour avoir mes faveurs. Et même si cela me retournait l'estomac, les quelques images qui m'étaient passées par la tête pendant les rares fois où je m'étais soulagé étaient celles d'hommes.

J'évitais d'ailleurs un certain blond qui méritait la mort pour ce qu'il m'avait fait. C'était ignoble, et seul Mike me retenait de ne pas rentrer au pays, le rechercher et lui lancer le sort mortel.

- Papa ?

Je revins au présent et finis d'emballer les diverses figurines qui allaient tenir compagnie au petit monstre que j'avais mis au monde. Nous prîmes ensuite le chemin de la voiture où je rangeai les jouets dans le coffre pendant que Mike tentait de s'attacher lui-même. J'allais tout de même vérifier ses attaches malgré sa moue boudeuse et nous ramenai ensuite à la maison. Le chemin était dégagé à force de passer et repasser en journée.

- Papa ?

- Oui Mike.

- Cette année, on pourra faire un sapin ?

- Je ne vois pas pourquoi Mike. Tu auras quand même tes cadeaux.

- Mais…

Je l'entendis soupirer, et il ajouta :

- On attendra le Père Noël au moins ?

- Non, tu seras au lit au moment il passera, murmurai-je.

Même si je savais que cet homme n'existait pas, je continuais à faire croire à mon fils que certains cadeaux reçus ce jour-là venaient de cette icône de Noël.

De toute manière, je ne pourrai jamais expliquer à mon fils pourquoi je ne désirerais faire aucun sapin pour cette fête. J'avais beaucoup de bons souvenirs devenus mauvais. Ces derniers me broyaient le cœur à chaque fois qu'ils effleuraient mon esprit.

Le reste du trajet se passa dans le silence et une fois arrivés, je ris intérieurement de voir Mike se débattre pour se libérer de son siège afin d'aller certainement jouer dans le jardin couvert de neige.

Une fois libéré de sa prison, il sauta au sol, et, le sourire aux lèvres, il courut vers le jardin mais tomba à peine quelques mètres plus loin. J'accourus vers lui et le redressai. Il commença à pleurer et je pus me rendre compte qu'il était blessé aux mains. Je ne pus me retenir de dire, en colère :

- Combien de fois t'ai-je dit de ne pas courir !

Il renifla et je lui pris le bras pour l'amener à la salle de bains afin de désinfecter sa plaie.

Une bonne dizaine de minutes plus tard, il était dans le jardin et moi je m'attelais à ranger le salon, puis la salle à manger et pour finir la cuisine. Cela m'avait bien pris deux bonnes heures, prenant mon temps.

Une fois fini, je m'installai à la table de la cuisine avec un bouquin que j'avais acheté. C'était un livre d'aventure entre un chercheur d'or qui tombait sur un vampire à la recherche d'un artefact. J'aimais assez ce genre d'histoire. Ca me replongeait un peu dans ce monde qui avait émerveillé mes onze ans, avant de m'enlever toutes mes illusions en sixième année.

Mike fit plusieurs allers-retours entre le jardin, l'entrée et le réfrigérateur. Il but trois à quatre jus, mangea une part de gâteau au chocolat de la veille. Je le voyais un peu souriant et ça réchauffait mon cœur de père.

L'après-midi passa ainsi et voyant qu'il commençait à neiger, je me dis que la température avait dû baisser. Je posai mon bouquin bientôt terminé et ouvris la porte coulissante pour crier :

- Mike, rentre. Il fait trop froid.

- Mais papa, j'ai pas fini mes bonhommes !

- Tes bonhommes, répétai-je.

- Oui, viens voir, m'invita-t-il.

- J'ai retiré mes bottes en arrivant. Je regarderai demain. Rentre.

Je n'attendis pas, sachant qu'il allait m'obéir. Je repris ma lecture et Mike rentra bientôt, veillant à enlever ses boots pour ne pas salir la maison. Il alla ensuite dans le salon et revint avec des feuilles et ses crayons. Il reprit ensuite le même chemin et revint victorieux avec sa souris. Je pouvais au moins reconnaitre qu'il évitait de la mettre dans des situations qui l'enverraient à coup sûr à la machine à laver. J'en conclus qu'il allait passer le reste du temps jusqu'au repas à dessiner.

Je continuai de lire, avant de me mettre à préparer la sauce bolognaise. Je sortis la viande du frigo et l'assaisonnai pour commencer. Comme je le pensais, Mike arriva près de moi pour avoir un peu de viande. Je lui en donnai et il repartit à table pour continuer son dessin.

Le temps passa rapidement et après avoir épluché mes tomates puis les avoir coupées en dés sans oublier le coulis de tomate versé, la sauce mijotait enfin avec la viande hachée.

- Je vais mettre la table, pousse tes affaires.

Une fois la table débarrassée, je mis les assiettes et couverts, sortis de l'eau ainsi que du jus de fruits.

La minuterie des pâtes sonna quelques minutes plus tard, tout comme la sonnette de la porte d'entrée. Je vis Mike sauter de sa chaise et courir vers la porte. J'éteignis en vitesse l'eau et vidai la casserole en m'ébouillantant presque. Je n'aimais pas que Mike aille ouvrir la porte, surtout à cette heure.

Je courus ensuite vers ladite porte d'entrée, alors que je pouvais entendre qu'on demandait si « Harry est-il là ? »

Mon visage dut devenir blanc comme la mort, parce que devant mon fils se trouvait mon passé.

Je sautai presque sur Mike et le pris dans mes bras, le serrant fort contre moi. Il en fit de même et enserra de ses petits doigts mes épaules.

- Partez !

Je voulus reculer et fermer la porte. Je m'apprêtais même à quitter cette ville et tenter de fuir.

- Papa, j'ai peur.

Cette phrase de mon fils me calma. Il ne m'avait jamais entendu parler sur ce ton, même quand je l'engueulais. Je pus me rendre compte qu'il tremblait contre moi.

Tout en dardant mon regard sur les personnes à ma porte, j'embrassai le crâne de Mike et lui murmurai à l'oreille :

- N'aie pas peur poussin. Je suis là, il ne t'arrivera rien.

Je le serrai encore plus contre moi et le soutins sous ses fesses. Il essaya d'enrouler ses jambes autour de mes hanches.

Je voyais mon monde s'effondrer. Mon fils, moi… notre vie. Notre bonheur.

- C'est ton fils ?

Je hochai la tête et les observai. Ils avaient changé. Leurs traits étaient plus durs. J'avais l'impression qu'ils avaient vieilli deux fois plus que moi.

- Mina va sur ses quatre ans en janvier.

- Mike a eu quatre en septembre, dis-je sans savoir quoi répondre d'autre.

Je n'arrivais toujours pas à croire que Ron et Hermione étaient là, devant moi.

- Félicitations à vous deux, ajoutai-je en regardant mon « amie ».

- Je ne suis pas la mère, répondit-elle un peu sèchement.

- Oh…

Encore à Poudlard, j'aurais cru que ces deux-là vivraient ensemble, heureux, et qu'ils auraient autant d'enfants que Molly. Mais j'avais dû aussi me tromper là-dessus. J'avais bien imaginé une vie heureuse avec…

- Harry, pouvons-nous au moins entrer. Nous avons fait une longue route pour arriver ici.

A contrecœur, tenant toujours mon fils contre moi, je les laissai entrer à la demande d'Hermione.

Cette dernière, plus observatrice, remarqua les bottes dans l'entrée et enleva ses chaussures. Je pus me rendre compte que ses chaussettes étaient humides et j'eus tout juste le temps de stopper son bras qui désirait sûrement sortir une quelconque baguette de sa manche.

- Pas sous mon toit !

- D'accord Harry, dit-elle poliment.

- Je vais aller vous chercher des chaussettes propres à l'étage. Installez-vous à la cuisine, je reviens. Et… laissez-les rangées, terminai-je en faisant un geste vers la baguette d'Hermione.

Ils enlevèrent leur cape d'hiver et se rendirent dans la cuisine. Moi, je montai à l'étage avec Mike. Je respirais son odeur, manière de me rassurer. Il était en vie et pour l'instant c'était tout ce qu'il fallait pour me rassurer.

Je pris sans regarder deux paires de chaussettes, et mon fils, lui, resta bien sagement contre moi. Son souffle heurtait mon cou et ses cheveux chatouillaient ma joue. Je pus me rendre compte que je ne me souvenais plus de ces sensations et je réalisai que cela faisait une éternité que je n'avais plus pris mon fils de cette manière.

Le choc de cette réalité me fit m'asseoir sur le bord du lit et soufflant tout en fermant les yeux, je serrai mon fils contre moi.

Le temps se suspendit et ce fut Mike qui bougea contre moi, me ramenant sur terre. Je me levai et descendis à la cuisine. Mes anciens amis étaient là, regardant la pièce sous toutes les coutures. Ce fut Hermione qui parla en premier :

- Tu vis à la Moldue, n'est-ce pas ?

- Je ne veux plus rien avoir affaire à la magie, répondis-je en déposant mon fils sur la chaise la plus proche.

Je pris ensuite la décision de remplir une assiette de pâtes pour Mike. Il devait manger, peu importe que mon passé soit revenu aussi brutalement.

Une fois les spaghettis et la sauce servis, je déposai l'assiette devant Mike, le soulevai et le déposai sur mes genoux. Ron et Hermione, eux, nous regardaient. Je savais que ce n'était pas poli de ne pas leur proposer de manger, mais là, je leur en voulais trop d'être venus perturber ma vie.

Mon fils mangea avec entrain et de temps en temps, j'embrassai ses cheveux. Mais le silence fut bientôt envoyé à la poubelle.

- Tu comptes vraiment faire comme si on était plus amis ? Tu vas jouer encore longtemps les égoïstes ? Il n'y a pas eu assez de morts !

- Ron… tenta Hermione.

- Tu nous as tous abandonnés, on se bat chaque jour contre ce mégalomane pendant que toi tu te la coules douce ici avec ton fils. Moi aussi j'ai un enfant et j'aimerais lui offrir la paix, pouvoir aller sur le Chemin de Traverse. Putain, bouge ton cul d'élu et vient Avada Kedaviriser ce fichu Mage noir, hurla presque Ron en tapant du poing sur la table.

- Ronald !

Je vis ébahi Ron regarder Hermione, se lever et murmurer qu'il l'attendrait à leur hôtel.

Moi, je ne pouvais enlever de ma tête ces choses si justes dites par mon ami. Mais ce qui me choqua le plus fut le corps tremblant de mon fils contre moi. Sans me préoccuper d'Hermione, je retournai Mike et vis quelques larmes au coin de ses yeux.

- Ce n'est rien Mike, juste quelques conversations entre adultes.

Il renifla et cala sa tête sur mon épaule, tout en me regardant craintivement.

Il avait eu tellement peur qu'il n'osait même pas se blottir contre moi. Cela me fit mal au cœur et je ne pus qu'une fois de plus l'embrasser.

- Je tiens à te présenter des excuses à la place de Ronald. Il est sur les nerfs depuis la disparition de Bill et Fleur. Et puis, avec tout le respect que j'ai pour toi, il faut que tu reviennes Harry, on a besoin de toi.

Je penchai la tête sur le côté et regardai mon amie, là… des plus vulnérable. Je remarquai seulement maintenant son teint blanc et ses cernes.

- Tu as des problèmes de sommeil, murmurai-je ne sachant pas quoi dire d'autre.

Elle détourna les yeux et répondit :

- Disons que pour un ami, cette période n'est pas très facile à traverser.

- Comment sont les choses ?

Je pus me rendre compte en demandant ça que mon fils s'était assoupi et cela me rassura un peu. Il n'allait pas entendre ce que cette femme allait me dire.

- Le camp de la lumière vit depuis quatre ans à Poudlard. Le Mage noir détruit de plus en plus de vies. Nous survivons tant bien que mal grâce à trois personnes prêtes à tout sacrifier pour la victoire.

Je pus voir des étincelles dans ses yeux en disant ses paroles.

- Nous sommes à ta recherche depuis l'année qui a suivi ta disparition, ou plutôt ta fuite. Les élèves sont en effectifs réduits, les professeurs aussi. Nous avons essuyé beaucoup de morts toutes ces années. Là… disons qu'un coup de pouce venant de toi nous aiderait véritablement. Dumbledore est encore en vie, grâce à un remède fait par le professeur Snape.

- Snape est avec nous ? La coupai-je.

- Il l'a toujours été Harry.

J'ouvris la bouche et le refermai. Je devais avouer que d'apprendre ça me mettait un coup de massue sur la tête. Moi qui avais toujours accusé cet homme d'être du côté du mal.

- Le côté de la lumière a besoin de toi Harry.

- Je ne veux pas mettre la vie de Mike en danger Hermione, je ne peux pas lui faire ça, dis-je désolé.

Elle se leva et prit la chaise vacante près de la mienne, puis sans attendre, prit ma main libre dans la sienne.

- Harry, vois la vérité en face. Nous n'allons plus tenir très longtemps et le Mage Noir ne se contentera pas de l'Angleterre. Il tente déjà d'envahir la France. Une fois notre camp décimé et exterminé, tu ne seras plus jamais apte à le tuer et tes chances de garder ton fils en sécurité seront quasiment nulles.

Ses yeux émus et pleins de vérité me firent voir la réalité en face.

Elle avait raison. Combien de temps tiendront-ils avant de tous mourir sous la baguette de ce fou ? Et encore plus important, combien de temps me restera-t-il avant que ce même fou me retrouve et ne fasse du mal à Mike en plus de ma mort ?

Je retirai ma main de celle de cette femme qui même avec ces années restait une amie à mes yeux, je pouvais le sentir en moi à cet instant.

- Nous partirons demain, je dois régler certaines choses ici.

Sans attendre, je me levai, gardant toujours mon fils dans les bras. Cet être qui était tout ce que j'avais de plus précieux au monde.

Ce fils qui… qui avait eu un homme froid comme père, pensai-je en voyant son dessin au coin de la table.

C'était un petit garçon tenant la main d'un adulte, devant un magnifique sapin.

- Tu peux prendre la chambre d'amis, en haut, troisième porte à droite, lançai-je à Hermione en revenant sur terre tout en empruntant les escaliers.

Une fois dans la chambre de Mike, j'allai nous installer sur le lit et réveillai mon fils délicatement. Je devais lui expliquer ce qui allait se passer.

Pendant qu'il émergeait, je ne pus qu'une fois encore le regarder. Et son visage en fit apparaitre un autre devant mes yeux. Un visage qui faisait souffrir. Et je m'apprêtais pourtant à retourner dans ce lieu où j'avais subi le plus grande peine du monde. Mon cœur brisé.

Poudlard.

Inconsciemment, ma main alla toucher ce bijou qui ne m'avait jamais quitté, malgré tout. Par sécurité mais avant tout par peur d'oublier. Oublier que l'espace d'une courte période, j'avais été heureux et que j'avais connu l'amour. Même si cela n'avait été que mensonges.

- Papa ?

Je souris, et caressai la joue moite de ce petit garçon.

- Mike, mon chéri, on va devoir quitter la ville quelque temps.

- On va en vacances ?

- Non, dis-je en secouant la tête.

Je pus sentir une larme rouler le long de ma joue et s'écraser ensuite sur ma chemise.

- On va là on je vivais avant ta naissance.

- Et je peux venir avec toi, hein ?

- Oui poussin, oui, tu viens avec moi.

Je le pris dans les bras et ne pus rien dire d'autre. Je pleurai silencieusement, serrant mon fils dans mes bras.

Le reste de la nuit, je fis le bilan de ces dernières années. Et je devais avouer que j'avais été aveugle. Et je comptais bien me rattraper. Je voulais offrir à Mike un bon père avant de mourir. Car pour moi, en cette nuit de décembre, je ne me faisais pas de faux espoirs.

La prophétie repassait dans ma tête, et ma dernière année aussi. Surtout les dernières paroles que j'avais entendues.

Et la colère monta en moi. J'étais persuadé en cet instant, que la victoire était plus pour le côté sombre et sûrement grâce à lui.

Le jour était déjà levé, et un petit garçon ouvrit ses yeux. Il put se rendre compte qu'il n'était pas sur son lit comme toutes les autres nuits. La chose sous lui était chaude. Il se rendit compte que c'était son papa. Et ce dernier le regardait.

- Papa t'aime très fort et je te promets qu'à partir de maintenant, je te le montrerai chaque jour.

Il reçut un bisou et sans essayer de comprendre, ce petit garçon serra son papa dans ses bras. Son papa lui fit un câlin, avant de sortir de lit et de sortir de la pièce. Il revint quelques minutes plus tard, alors que le petit garçon n'arrivait toujours à y croire.

Il vit son papa revenir avec des valises. Comme celles qu'il voyait dans les dessins animé quand Mickey partait à la pêche.

Tout en voyant son papa s'afférer à mettre ses affaire dans les valises, il put se souvenir de la veille, des cris de cet homme, mais surtout de son père le serrant fort contre lui et le laissant manger sur ses genoux.

Le Père Noël avait peut-être cette fois-ci entendu ses prières pour un papa gentil et aimant.

Mais une petite voix dans la tête de ce garçon n'oubliait pas les paroles d'un garçon méchant de son école qui avait expliqué comment ses parents partis en vacance avaient été gentils avec leur chien… avant de l'abandonner au bord d'une route. Il pouvait se souvenir de sa maîtresse grondant Ethan, avant de dire à tout le monde que cette histoire était fausse. Mais si elle avait menti, comme le faisait les grands ?

Après le réveil de Mike, et après avoir emballé ses affaires, je nous avais conduis dans ma chambre pour faire les miennes. Mike était resté sur le lit, avec son doudou, les yeux braqués sur moi. Après que mes bagages aient été faits, je nous avais conduits à la salle de bains.

Je nous avais déshabillés et installés sous le jet d'eau. Mike avait ri et avait entouré mon cou de ses petits bras. Je nous avais savonnés, profitant presque pour la première fois de ce type d'expérience avec mon enfant. Le sourire, malgré les récents événements, ne m'avait pas quitté.

Désireux de rendre mon fils heureux, je dis en lui rinçant ses cheveux :

- Là où on va, tu verras des dizaines de sapins de Noël.

Le sourire énorme scotché sur son visage me fit réaliser à ce moment précis une fois de plus que je ne l'avais jamais assez souvent fait sourire.

Comment avais-je pu rester aussi aveugle et déterminé à ne pas être comme les Dursley l'avaient été envers moi, tout en l'étant en réalité envers mon propre fils ?

- Papa, j'ai faim.

- On va manger, je règle quelques détails et puis on partira pour l'Angleterre.

Je pus voir qu'il ne savait pas de quoi je parlais, mais je ne souhaitais pas rentrer dans les détails et sans autre possibilité, je nous sortis de la cabine. Je nous séchai et ensuite nous habillai. Je descendis après à la cuisine avec Mike et pour ne pas changer depuis la veille, ce dernier était dans mes bras.

Une fois le déjeuner pris, Hermione demanda :

- Tu es… enfin, êtes-vous prêts ?

- Non, je dois encore régler certaines choses. Dans une petite heure, nous pourrons y aller.

Je lui expliquai qu'elle pouvait faire comme chez elle, tout en me dirigeant vers le bureau. Je gardai Mike sur mes genoux et il y resta sans bouger. Je pus me rendre compte à chaque coup d'œil, qu'il avait un énorme sourire collé au visage.

Je passai un coup de fil au magasin mais aussi à l'institutrice de Mike. Je ne voulais pas perdre cette vie que j'avais ici. J'avais malgré tout au fond de moi un infime espoir de pouvoir y revenir une fois la guerre terminée.

Je téléphonais aussi à mes plus proche voisin, un couple de vieille personne, mais toujours en bonne santé. Je leur demandai de passer de temps en temps pour voir s'il n'y avait aucun problème. Une fois tout cela réglé, je pris sur moi tout les papiers importants concernant la santé de mon fils. Je ne voulais pas me retrouver là-bas sans information aussi capital.

- On va y aller poussin.

- Oui papa.

Je quittai avec regret le bureau et me rendis dans le salon, où Hermione regardait la télévision.

- On y va ? Demanda-t-elle.

- Avons-nous le choix ? Rétorquai-je.

- Oui et non. Je ne souhaite pas te forcer Harry. Je peux repartir et me battre comme je le fais depuis toutes ces années. Mais je ne pourrais que prier pour ta sécurité.

- Tu as changé…

- J'en ai été obligée, dit-elle, amère.

- Peut-être qu'un jour, on pourra discuter tous les deux, proposai-je sincère. Mais je pense que pour l'instant le plus important c'est de partir d'ici avant que je prenne la fuite.

- Comme le coyote, papa. Bip Bip…

Mike quitta mes bras et partit s'asseoir devant la télévision. Je soupirai. Je n'avais pas profité de lui étant ici en liberté et maintenant, j'allais devoir me battre pour sa sécurité.

- Tu fais le bon choix Harry. Nous pouvons encore le vaincre, mais si tu ne viens pas, je crains que notre fin soit inévitable.

- Je veux juste que tu saches que si je le fais, c'est uniquement pour mon fils. Je me fous des autres. Ces égoïstes et menteurs. Ce monde qui a mis cette putain de prophétie sur mes épaules, m'énervai-je.

- Je suis d'accord avec toi, la plupart de ces gens ne méritent pas ton aide, ta vie. Mais certains si… et moi, je me bats pour eux.

- Où est Ron ?

- Il ne va pas tarder, je lui ai envoyé un message grâce la pièce qu'on utilisait autrefois pour l'AD. Puis-je m'occuper de tes bagages ?

Je hochai la tête tout en souriant, nostalgique de la période de l'AD, avant de me décider à habiller Mike afin que nous puissions partir. Je lui enfilai sa doudoune la plus chaude ainsi que son bonnet à l'effigie de Woody. Ca faisait presque deux ans qu'il avait vu Toys Story* au cinéma, mais il continuait de vouloir garder ce bonnet que je lui avais offert le jour même.

Mon fils me regarda avec ses yeux brillants, tout en souriant légèrement. Je ne pus m'empêcher une fois de plus de lui faire un bisou sur le front. Et encore une fois, je me rendis que ces simples gestes, je ne les avais pas eu aussi souvent que je l'aurais dû et je m'en voulais.

Je me décidai ensuite à lui mettre ses moufles et son écharpe en polaire. Dès qu'elles furent mises, je vis mon fils s'agripper à sa souris et après avoir enfiler moi-même une tenue chaude, je le pris de nouveau dans mes bras. Il écarta ses jambes et posa sa tête sur mon épaule, puis, tout en sortant et en éteignant les lumières de notre maison, je pus entendre « il existe vraiment le Père Noël ».

En marchant aux côtés d'Hermione, qui portait une cape épaisse avec un capuchon, je pus me rendre compte que nos vies, à mon fils et moi-même, allaient changer dès le moment où nous quitterions la propriété et sincèrement, j'avais peur.

Je n'avais plus touché à la magie et je ne savais pas me battre. J'avais certes pensée à ressortir mes affaires de ma vieille malle, mais je n'étais pas sûr de pouvoir réutiliser mes pouvoirs. Et puis, je n'avais pas envie d'entendre les autres combattants me reprocher ce que Ron avait dit de manière si violente. Plus que tout, je ne voulais pas non plus que mon fils soit pris comme une bête de foire.

Je me jurai, là, en me dirigeant vers le début de la forêt, que je ne quitterai mon fils des yeux que le strict minimum.

Mais je devais aussi avouer par-dessus tout que j'avais peur de revenir à Poudlard et de faire ressurgir tous ces souvenirs que je m'évertuais à enfouir au fond de moi depuis ce fameux jour qui avait anéanti le peu d'espoir qu'il me restait.

Ce jour qui m'avait enlevé une des plus belles choses que la vie avait mise sur mon chemin.

- Tu acceptes le Transplanage Harry ?

Je regardai Hermione à ces mots et me rendis compte que Ron était là, adossé contre un tronc d'arbre énorme. J'eus un souvenir de la forêt interdite et je me demandai si tout compte fait, j'avais pris la bonne décision.

- Harry ?

Je m'accroupis sans leur répondre et déposai Mike au sol. Il s'agrippa immédiatement à mon bras et le rassurant, je lui dis :

- On va… nous allons utiliser un nouveau moyen de transport que tu ne connais pas poussin et… et tu vas peut-être être malade. Tu vas bien t'agripper à moi de toutes tes forces et il ne t'arrivera rien. D'accord ?

Il hocha la tête tout en regardant partout. Il devait sûrement chercher ledit transport. Je le repris dans mes bras, remis son bonnet en place et le serrai contre moi assez fort, sans pour autant l'asphyxier.

- Prêt ?

Je hochai la tête en direction d'Hermione et elle prit mon bras. Ron, lui, disparut sans même un regard pour moi, et avant que je ne sente mon corps quitter le sol, je pus entendre mon amie murmurer :

- Il a définitivement changé Harry…

Quelques secondes plus tard, nous touchions à nouveau le sol. Une nausée monta. Mais je pus la calmer, cependant j'eus assez de temps pour déposer mon fils au sol avant qu'il ne vomisse. Cela me fit mal au cœur de le voir dans cet état, et je lui caressai le dos avec tout mon amour.

Mais bien vite, mes yeux s'égarèrent et je pus me rendre compte que nous étions juste devant de grandes grilles en fer forgé. Je pus aussi voir une sorte d'enveloppe vert clair qui montait haut dans le ciel. Ciel obscur.

- C'est le décalage horaire.

Je repris Mike dans mes bras et me dis une fois que plus que j'avais peut-être pris la mauvaise décision.

Je me mis en marche malgré tout et une les grilles passées grâce à Ron qui avait semble-t-il murmuré quelque chose, j'entendis Hermione murmurer près de moi :

- Bienvenue à Poudlard Harry…

Je fermai les yeux et priai intérieurement pour que toute cette histoire ne soit qu'un cauchemar.


Voilà, le Bonus 2 est publié. Il fait 15 pages et 5.429 mots.

J'espère qu'il vous a plu.

Sinon, je vous l'avais bien dit qu'Harry n'allait plus rester si longtemps dans le rôle du père froid et sans cœur.

Je suppose aussi que certains d'entre vous se demandent comment vont se passer les choses. Si Harry va revoir Draco ? Que se passera-t-il alors entre eux ? Comment Draco réagira-t-il en voyant Mike ?

Et je vous promets que vous aurez vite les réponses, sachant qu'il ne reste qu chapitres pour l'époque Poudlard avant que l'histoire ne débute réellement à la suite de ce bonus.

Une petite (ou bien longue) review ne serait pas de refus. Et pour les anonymes qui souhaitent une réponse, laissez votre adresse avec des espaces.

A très bientôt pour la suite, merci d'avoir lu jusqu'ici.

(^-^)

Jes Cullen-Malfoy

Bonus 2 publié le 02 avril 2012

* Toys Story est sorti en 1999 et ce bonus se situe en 2001.

 

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