Auteur : Jes Cullen-Malfoy

Le couple : Harry/Draco

Le rating : M

Nombre de chapitre : 22 + épilogue (version normale + version bonus)

Genre : Romance dans la généralité, Deathfic car déjà j'écris une partie de la bataille finale et Drame.

L'histoire débute pendant la sixième année (1996-1997) d'Harry Potter.

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à JKR… rien n'est à moi (snif snif) sauf Chloé, Cornélius et… Lissa.

Modifications apportées : Severus Rogue sera nommé ici Severus Snape et enseignera les potions et non la Défense contre les forces du mal comme dans le sixième tome. Au fil de votre lecture, certains détails seront annoncés afin de ne pas trop spoiler ici. Ils seront soit annoncés en début de chapitre, soit à la fin.

Correctrice : Vivi64


Chapitre 3 : Le 15 février 1997, Partie 1


POV Harry (Le lendemain de la Saint-Valentin)

J'ouvris un œil et vis que le soleil était déjà levé. J'avais une faim de loup, n'ayant rien mangé depuis la veille. En pensant à la veille, je devais lui parler et m'excuser. Je me relevai alors prêt à aller lui dire tout ce que je ressentais quand je vis que son lit était déjà vide. Ne voyant l'infirmière nulle part, je me rhabillai en vitesse sachant qu'il serait dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner.

Une fois dans le couloir, je croisai seulement quelques garçons avec un drôle de regard envers moi. Je supposais que leur soirée n'avait pas tourné comme ils l'avaient souhaité. Certainement que leurs copines leur avaient avoué souhaiter qu'ils soient moi. Cela était possible vu que toute la gente féminine de cette école me courait après.

Déjà, j'étais sûr qu'un nombre incalculable de lettres d'amour m'attendaient quelque part. Dès que je fus enfin dans la Grande Salle, je remarquai que pratiquement tout le monde avait cette tête envers moi. Voldemort avait-il lancé une attaque pendant la nuit ? Je pris le chemin de ma table où je vis une Hermione plus blanche qu'un vampire.

- Que se passe-t-il ? Demandai-je en m'asseyant et prenant un croissant.

- Tu n'es pas au courant ? Demanda Ron.

- Non, dis-je la bouche pleine.

Sans attendre de réponse, je commençai à le chercher à la table des Serpentard.

- Tu n'es vraiment pas au courant ? Redemanda mon ami.

Je me tournai vers lui et oubliai un bref instant ma recherche de Malfoy.

- Non ! Dis-je plus fortement. Je ne suis pas au courant !

- Un toi du futur a été retrouvé dans le parc pendant la nuit par des Aurors. Il était mort à leur arrivée, dit Hermione.

- Un quoi ?

- Un toi du futur, répéta Hermione. Nous ne savons pas ce qu'il est venu faire ici, mais il semblerait qu'il n'ait pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Personne ne l'a vu, on se demande tous pourquoi un toi du futur est revenu ici.

Je ne comprenais rien de ce qu'elle me disait. Mais bon, ce n'était pas étonnant, n'étant pas du matin.

Bref, il n'y avait pas eu d'attaque de Voldemort et vu que j'étais encore vivant, le reste n'avait pas d'importance. J'avais déjà assez avec les problèmes dans le présent sans devoir en plus me poser tout un tas de questions par rapport à la venue et à la mort de mon moi du futur.

- Cela ne te fait rien Harry ?

- Non, répondis-je en mordant à nouveau dans mon croissant. Avez-vous vu Malfoy ?

- Pourchoi chet queshtchion ? Demanda Ron la bouche pleine.

- Comme ça, dis-je.

- Il est venu mais juste en coup de vent. Il a pris un ou deux trucs et il est vite reparti.

- Han, fis-je déçu.

Le reste du repas se fit en silence pour ma part.

M'en voulait-il ?

Évidemment qu'il t'en veut imbécile, me dis-je à moi-même. Comment allais-je pouvoir me racheter, et non seulement faire ça mais en plus, comment allais-je pouvoir m'expliquer et m'excuser ? Je ne voyais qu'une seule solution. Lui écrire !

Je me levai rapidement pour partir dans le dortoir et rédiger ma demande quand mon amie mit sa main sur mon bras.

- Où vas-tu ?

- Au dortoir, répondis-je.

Je vis dans son regard ce petit quelque chose qui n'inaugurait qu'un interrogatoire, je dis donc aussi vite tout en retirant mon bras :

- J'ai besoin de prendre une bonne douche.

- Mais le cours d'histoire de la Magie commence dans moins de dix minutes.

Je ne pris pas la peine de répondre et me ruai à toute vitesse vers la sortie. Avec un peu de chance, j'aurai peut-être une réponse immédiatement. Il m'avait dit m'aimer hier soir. On ne pouvait pas passer de l'amour à la haine, voire même à l'indifférence en une nuit. En même temps, j'étais bien passé d'une haine de six ans en amour en à peine deux mois sans même le savoir.

Je poussai les portes de la Grande Salle et bousculai même quelques élèves. Je passais le coin d'un couloir quand je le vis, là, devant moi. Il était de dos mais il était là. Je n'aurai pas besoin de lui écrire un parchemin.

Je ralentis mon pas et marchai dans sa direction quand petit à petit je me rendis compte de l'endroit où nous étions. Il était juste à côté de la statue où nous devions nous rencontrer hier matin. En étant là, ne me donnait-il pas le message que je voulais à tout prix ?

Pendant tout mon monologue mental, j'avais avancé et me stoppai alors juste derrière lui. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire. Devant moi se trouvait mon ennemi que je connaissais depuis six ans et d'un autre côté, se trouvait l'homme que j'aimais depuis deux mois, celui avec qui je partageais une correspondance quotidienne depuis quatre mois, mon Sky.

- Je ne sais pas quoi te dire, murmurai-je.

Il sursauta et se retourna. Je pus voir qu'il était en train de manger un pain au chocolat. Il mâcha rapidement et avala. Malheureusement, son visage ne me donnait aucune révélation quant à son état et ses sentiments par rapport à moi.

- Pourquoi es-tu là ?

Sa voix était froide mais étrangement, pas autant que pendant nos insultes habituelles.

- Eh bien en fait, j'étais en route pour mon dortoir, fis-je plus très sûr de vouloir lui dire en face.

Le papier était mieux.

- Reprends ton chemin alors, souffla-t-il avec comme qui dirait une déception dans la voix.

Je ne dis rien et le contournai. Et bien sûr, je baissai la tête car je m'en voulais d'être aussi lâche. Il était là, à portée de voix et tout ce que j'étais capable de faire, c'était de fuir pour lui écrire des excuses. Pathétique !

POV Draco

Je l'avais attendu le cœur battant la chamade et quand enfin il se montrait, je n'avais pu m'empêcher de le revoir me dire ces horreurs la veille au soir.

En même temps, les paroles du voyageur me revinrent en tête.

Je le rattrapai par le bras et sans plus attendre, l'embrassai. Je pus sentir qu'il était surpris mais à l'inverse d'hier, il répondit à mes lèvres. C'était encore mieux que mon baiser avec le Harry du futur. Sa langue se faufila dans ma bouche et je ne pus que gémir. Il avait lui-même pris l'initiative.

A contrecœur, je reculai et posai mon front sur le sien.

- Cela veut dire que tu ne me détestes pas ? Demandai-je dans un murmure.

- Non, je ne te déteste pas.

- Nous devrions aller dans ma chambre, fis-je en le tirant vers cette dernière.

- Pourquoi !?

Je me stoppai et me tournai vers lui.

- Souhaites-tu que tout le monde sache que premièrement, tu sois gay, et deuxièmement, que tu formes un couple avec moi ?

- Sommes-nous un couple ?

Sa question me décontenança et je lui pris le visage pour le rapprocher du mien.

- Si tu me suis là, maintenant, tout de suite, nous serons un couple… que ce soit aux yeux de tous ou seulement pour nous, nous serons un couple.

- Ok.

Je laissai un sourire étirer mes lèvres et en vérifiant que nous étions toujours seuls, je lui déposai un petit baiser sur sa bouche.

- Allez viens !

Je ne lui laissai pas le temps de répondre quoi que ce soit et repris le chemin de ma chambre de préfet. Je voulais être seul avec lui, je voulais qu'il découvre Sky, et moi, je voulais découvrir Vif d'or.

POV Harry

Je le suivais tel un automate et je repensais sans cesse à ces dernières vingt quatre heures. Hier encore, je voulais lui éclater sa tête contre un mur, et là, je ne voulais rien d'autre qu'être dans ses bras et l'embrasser, l'embrasser à en perdre haleine.

Et en plus, il nous considérait comme un couple. Cela voulait forcément dire qu'il me pardonnait mes paroles dites la veille. Et puis sa main qui tenait la mienne… cette main chaude et douce.

Je remarquai aussi que sur le chemin nous avions croisé seulement deux élèves qui, avec un peu de chance, n'avaient rien vu. Pas que je ne veuille pas dire que j'étais désormais en couple avec lui, mais je ne voulais pas qu'il soit en danger par ma faute. Je n'étais pas stupide et je savais déjà que son père était Mangemort. Il l'était même peut-être lui-même ?

Je n'en avais aucune certitude. Quand cette pensée fit tilt, je stoppai net et relevai la manche de sa robe de sorcier ainsi que celle de sa chemise. Et elle était là, la marque, cette horreur était là, devant mes yeux.

- S'il te plaît… ne t'arrête pas à ça, supplia-t-il.

Je levai la tête et ancrai mon regard au sien. Il l'était réellement alors. Il était un Mangemort, un assassin ou futur assassin.

- Je t'en prie… Harry… ne gâche pas tout pour ça, dit-il les larmes aux yeux.

Je ne pus qu'hocher la tête et lâcher son avant-bras. Je le suivis ensuite docilement, complètement anéanti.

Comment pouvais-je gérer cette situation sans perdre la tête ?

Tout ça m'était tombé dessus en moins de vingt quatre heures. Mon ennemi était passé au stade de petit-ami, enfin je supposais que c'était ce que nous étions en ce moment si le fait qu'il soit un Mangemort ne soit pas un problème, et maintenant, moi, le survivant, le sauveur du monde sorcier, l'élu, était amoureux d'un Mangemort.

- Ne reste pas comme ça et parle-moi !

Je secouai la tête et me rendis compte que nous étions à présent dans une chambre qui je devais le dire était magnifique. Elle avait peut-être les couleurs de sa maison, mais dans cette pièce elles n'en étaient que plus belles. Pour moi en cet instant, le vert et l'argent ne signifiaient plus « le mal » et « la lâcheté » mais plutôt « la beauté » et « la simplicité ».

- C'est magnifique, fis-je faisant voyager mon regard.

- Tu parles de la chambre ou de moi ?

-…

- Harry ?!

- Hein ? Dis-je en revenant sur lui.

Je le vis souffler et se rapprocher de moi.

- Dis-moi que cette marque ne change rien, dis-moi que tu m'aimes et que tu ne me quitteras pas, dis-moi que je ne rêve pas et que je ne suis pas mort…

Je fis la seule chose que mon corps, mon cœur et mon âme me dictaient de faire en cet instant. Je m'avançai à mon tour et pris son visage en coupe.

- Cette marque ne changera rien si tu n'as commis aucun meurtre…

Je vis qu'il me fit non de la tête alors je continuai :

- Je t'aime toi, Sky alias Draco alias Malfoy et je ne pense ni n'envisage de te quitter si tu quittes ton maître dès aujourd'hui sur ta seule parole. Et non, tu ne rêves pas… ou alors tu fais un rêve bizarre… Tu n'es pas mort non plus.

Il fondit sur ma bouche et colla son corps au mien. Je pouvais sentir chaque muscle de son torse contre le mien et j'en fus tout étourdi. Je n'avais au grand jamais été embrassé comme ça. Je pouvais percevoir au fond de mon ventre une chaleur s'immiscer en moi. Malheureusement, le besoin d'air se fit sentir, je me reculai donc et m'appuyai contre la porte.

- Je te promets qu'à partir de maintenant, je ne suivrai que toi et seulement toi.

Étrangement, cette petite phrase sonna en moi tel un pacte éternel et je le croyais. Aussi bizarre que cela puisse paraître, je savais que mon Sky n'avait qu'une parole. Et là, devant moi, c'était lui. Je n'étais pas un imbécile, je savais très bien que Sky était Draco mais pour moi, ils ne formaient qu'une seule et même personne.

- Si tu le souhaites, je peux devenir membre de l'Ordre machin chose, lança-t-il.

- NON !

POV Draco

J'eus un mouvement de recul face à son cri.

Alors comme ça, il n'avait pas confiance en moi.

En même temps, qui étais-je pour lui en vouloir ? Mais bon, je n'avais qu'une parole et je venais de la lui donner.

- C'est bon… pas la peine de crier comme ça, dis-je en allant m'asseoir sur le bord du lit.

Je n'osai même plus lever la tête pour le voir.

Son cri avait tout dit.

Même s'il voulait de moi, il n'aurait jamais confiance. Le futur Harry ne devait pas être au courant de ma marque.

Cette satanée marque me freinait à présent pour mon histoire. Je voulais tellement que Vif d'or soit la personne qui partagerait ma vie, celle avec qui je me serais réveillé chaque matin que Merlin faisait.

Bon, je devais bien avouer que je n'avais pas pensé une seule seconde au fait que mon cœur se soit épris de Potter mais bon, le cœur avait ses raisons que la raison ignorait. Et je ne pouvais plus me voiler la face.

- Draco… ça va ?

Je pris mon courage et relevai la tête pour remarquer qu'il était accroupi devant moi.

- Non, ça ne va pas !

- Je… écoute, tu m'as peut-être mal compris. Si je ne veux pas que tu fasses partie de l'Ordre, c'est parce que je veux que tu sois éloigné de tout ça, je te veux en sécurité.

- C'est vrai ?

Il ne me répondit pas mais posa sa bouche contre la mienne. Ce fut la seule phrase que nous avions échangée en une demi-heure. Nous nous étions allongés aussi naturellement que possible et nous nous étions embrassés sans vergogne. Je n'avais pas osé passer les étapes et je n'avais pas voulu lui faire peur alors je m'étais contenté de passer les mains dans ses cheveux.

- On n'a pas cours maintenant, dit-il en parsemant mon cou de baisers ardents.

- Peut-être bien, laissai-je échapper.

- J'n'ai pas envie de partir de cette chambre, de quitter tes bras mais je dois y aller, murmura-t-il.

Je le poussai et m'allongeai sur lui. Je pris à nouveaux possession de sa bouche où je n'eus pas à demander l'accès. Nos langues se heurtèrent violemment mais en même temps avec douceur. Je pus sentir sa main venir dans mes cheveux qui, je devais le lui rappeler à ce petit enquiquineur mais ce n'était pas le moment de le réprimander, ne devaient JAMAIS être décoiffés.

- J'ai tellement envie de toi, de ton corps, glissa-t-il contre ma bouche.

J'arrêtai le baiser immédiatement et le fixai. Il était rouge écrevisse et fuyait mon regard. Merlin que j'avais envie, là, tout de suite, de le prendre et de le faire mien. Mais je devais calmer mes ardeurs et prendre ses paroles comme une promesse.

- Plus tard… pas maintenant.

- Tu ne veux pas de moi ? Demanda-t-il d'une voix tremblante.

Je tournai son visage vers le mien et lui frôlai la mâchoire de mon nez.

Comment pouvait-il croire ça ?

Je déposai mon corps sur le sien sans retenir mon poids, pour qu'il sente mon désir de lui. Je pouvais sentir à son corps qu'il venait de sentir mon sexe dressé contre sa cuisse. Je glissai alors la bouche vers son oreille où je pris la peine de lui mordiller le lobe. Sa respiration devint de plus en plus laborieuse au fur et à mesure, et ne voulant pas le faire dans la rapidité, je dis d'une voix que je voulais séductrice :

- Là, maintenant tout de suite, j'ai envie d'être en toi, de toucher tout ton corps, d'embrasser chaque millimètre de peau… mais je veux en avoir le temps et là, nous ne l'avons pas.

Je me relevai et quittai le lit. Je remis ensuite mes habits convenablement. Je pus voir du coin de l'œil qu'il me regardait avec une lueur brillante au fond des yeux.

POV Harry

Les cours de la matinée allaient enfin se finir et je pourrais enfin le revoir. J'avais eu du mal à quitter sa chambre et lui avait eu du mal à me laisser partir, mais je ne voulais pas prendre le risque que cela se sache.

On pourrait très bien lui faire du mal en pensant qu'il m'avait lancé un sort. Et je n'avais rien subi de sa part que je ne voulais pas. En plus, l'air de rien, j'avais une faim de loup. Je n'avais rien mangé la veille, rien mangé ce matin à part un croissant et mon ventre me le rappelait toutes les dix minutes.

Une fois que le professeur de Divination nous laissa partir, je pris le chemin de la Grande Salle avec mes amis. Comme je l'aurais pensé, ils n'arrêtaient pas de se casser la tête avec cette histoire de moi du futur mais personnellement cela ne me faisait ni chaud ni froid. Je n'avais que deux choses en tête : manger et voir Draco.

Quand j'étais « sorti » avec Cho, jamais je n'avais été dans cet état. Mais là, je voulais le voir et savoir ce qu'il faisait et le pire, j'avais constamment des mini-montées de plaisir rien que repenser à sa dernière phrase, enfin dernière, c'était celle que j'avais retenue le plus. Et si avant je m'étais caressé en pensant à Sky sans pouvoir me l'imaginer réellement, maintenant, je mourais d'envie qu'il me touche, lui, Draco !

- Harry, où vas-tu ?

- Ben, dans la Grande Salle, Ron !

- Ha, ok ! Mais juste pour que tu le saches, là, tu marches vers les cachots.

Même mon inconscient le voulait.

Je pris néanmoins le bon chemin, celui vers la Grande Salle, et tout en suivant mon ami, je me demandais comment le repas allait se passer.

Je ne pourrais décemment pas le regarder comme un amoureux transi ou même carrément aller près de lui. Mais jamais je ne passais un repas sans au moins lui lancer un regard noir et j'avouais qu'au plus profond de moi, j'avais peur qu'il ne le prenne pour de vrai.

Autant nous avions passé du temps à nous faire du bouche à bouche, activité très plaisante d'ailleurs, autant nous n'avions pas parler de notre manière d'être l'un envers l'autre devant le reste de l'école.

De plus, je ne lui avais pas dit mais autant les élèves de ma maison pourraient lui faire du mal pour m'avoir « envoûté », autant les élèves de Serpentard pourraient le tuer ou le donner sans remords à Voldemort comme monnaie d'échange. Et Merlin le savait à cet instant, je n'hésiterais pas à aller à son secours même si j'avais le monde sorcier sur les épaules.

Je n'avais que seize ans et je voulais au moins me permettre d'être égoïste, juste une fois. Draco passait avant tout le monde. Déjà que pendant notre échange de parchemin je me torturais l'esprit à trouver un moyen de l'éloigner de la guerre alors maintenant que je connaissais enfin l'élu de mon cœur, je ne pouvais le laisser proche d'un danger certain.

Était-ce peut-être mon côté « Sauver la veuve et l'orphelin » ? Mais Draco n'était ni l'un, ni l'autre.

- Qu'est-ce qu'elle a la fouine à nous regarder comme ça, marmonna Ron.

Ni une, ni deux, je tournai le visage et vis qu'il nous regardait. Mais pour une fois, il n'y avait ni haine, ni dédain dans son regard. Je pouvais y déceler un certain amusement. Je ne répondis bien sûr pas à mon ami mais lançai un regard moqueur à mon petit-ami.

D'ailleurs c'était étrange, je me sentais plus à l'aise de dire ça, que dire ma petite-amie. Mais bon, après le temps passé dans les bras de Draco, il ne faisait plus aucun doute que j'étais homosexuel. Avec du temps, je constaterais peut-être que j'étais aussi attiré par les filles mais étrangement, encore une fois, je ne m'imaginais pas faire ce que j'avais fait avec lui en compagnie d'une fille.

- Quelqu'un sait pourquoi Ginny est si triste ? Demanda soudain Mione.

Je me sentis mal tout à coup car depuis la veille, je n'avais plus pensé à elle et à comment elle pouvait se sentir après ma révélation. Mais là, en même temps, si j'allais la réconforter, il y avait des chances pour qu'elle pense qu'elle ait une chance avec moi.

- Et Gin, qu'est-ce que tu as ? L'interrogea Ron.

- Rien, répondit-elle en jouant avec sa fourchette.

Je pris place près de Ron et Seamus avec une vue sur Draco. Il parlait avec son copain Zabini et là, tout de suite, j'eus un élan de jalousie car ils riaient et étaient très proches. Ne pouvant pas lui foncer dessus et l'embrasser à pleine bouche, je dirigeai ma colère contre mon assiette. Je pris ce qu'il y avait devant et dû recracher quand un salsifis prit possession de ma bouche.

- Ca ne va pas mon vieux ? Pourquoi tu en manges, tu sais très bien que tu n'aimes pas !

- Merci pour ta leçon de morale Ron, dis-je en buvant mon jus de citrouille.

- Non mais Ron a raison Harry. Qu'est-ce qui te tracasse depuis ce matin ?

Je virai au rouge immédiatement et sans même m'en rendre compte, mon regard se posa sur lui. Je soupirai telle une groupie du survivant, humour quand tu nous tiens, et dus me lever de table.

- J'n'ai plus faim. Je vais m'balader dans le parc, dis-je à toute vitesse.

Quand je vis que Ron prenait une cuisse de poulet dans une serviette, je pris la peine de clarifier une chose :

- Seul !

Je n'attendis pas de réponse et marchai le plus naturellement possible pour sortir d'ici.

Mais qu'est-ce qu'elles avaient mes hormones ?!

Je n'avais jamais eu ça de toute ma vie. Une érection dans la Grande Salle, devant tout le monde. Et tout ça juste pour l'avoir simplement regardé deux secondes.

Une fois les doubles portes passées, je me ruai vers les toilettes les plus proches au pas de course. Et comme si cela ne suffisait pas, mon pantalon empira mon érection déjà désagréable. J'avais deux solutions devant moi : une douche froide ou ma main. Et vu l'heure, mon choix était fait : ma main. Je n'aimais pas tellement pratiquer la chose mais là, vu que j'avais ensuite deux heures de potions, je ne pouvais me permettre d'attendre qu'elle passe.

Une fois les toilettes atteintes, je m'enfermai dans une cabine. Le pire dans tout ça, c'était que j'allais devoir le faire en silence. Sans plus attendre, j'ouvris mon pantalon et en sortis mon sexe. Rien que de le toucher, je faillis jouir. Je mis mon poing dans ma bouche pour taire mes gémissements et commençai un mouvement assez rapide.

Autant les autres fois, je n'imaginais personne de concret, autant là, j'imaginais sa main qui remplaçait la mienne. Je m'appuyai sur la porte et activai encore plus mon mouvement. J'imaginai la douceur de sa main sur mon sexe et je le voulais, là, tout de suite. Je caressai mon gland où perlait une goutte et l'étalai ensuite sur ma longueur. Quelques mouvements plus tard, je me vidai dans la main. Je pris immédiatement du papier pour me nettoyer.

Je me sentis vraiment mal, d'avoir fait ce que je venais de faire en pensant à lui mais je n'avais rien pu faire pour l'enlever de mes pensées. Et puis il n'aurait pas dû me dire ça plus tôt dans sa chambre ! Je me rhabillai et soufflai de frustration. Je laissai ensuite tomber ma tête en arrière et là, j'eus la peur de ma vie.

Au-dessus de la cabine des toilettes, ou plutôt au-dessus de la cabine de mes toilettes, se trouvait Draco qui arborait un sourire que je n'avais jamais vu sur son visage.


Merci d'avoir lu et je l'espère, aimé.

Jes Cullen-Malfoy

Chapitre 3 republié corrigé le 26 février 2013
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